Nouveau coup de pouce de la BCE aux banques périphériques
La BCE vient de donner encore un peu d’air aux banques des pays périphériques. Comme prévu, le président de la banque de Francfort, Mario Draghi, a annoncé un nouvel assouplissement des critères de collatéral, après celui décidé en juin.
Jusque-là, la banque centrale n’acceptait pas que des banques apportent des titres d’Etats ou garantis par les Etats à son guichet pour se refinancer s’ils n’appartenaient pas à la catégorie investment grade (BBB- au moins). Cette exigence est désormais levée pour les pays qui seront éligibles au nouveau plan de rachat de dette de court terme présenté par la BCE hier ou qui sont soumis à un programme du Fonds monétaire international et de l’Union européenne et répondent aux exigences du Conseil des gouverneurs.
Cette première annonce n’est pas bouleversante dans la mesure où l’Irlande et le Portugal bénéficient déjà de cet assouplissement depuis les mois de mars et juillet 2011 respectivement. Qui plus est, la BCE a bien reprécisé que les titres grecs sont, depuis le 20 juillet dernier, inéligibles aux opérations de refinancement de l’Eurosystème. Cette mesure est surtout préventive: «La BCE prend les devants. Dans le cas où l’Espagne ferait une demande d’aide et serait dégradée par les agences de notation cela éviterait des problèmes de refinancement pour les banques espagnoles», avance Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC.
Fin août, Moody’s précisait que la note (Baa) du pays pourrait être dégradée mais l’agence l’a maintenue à l’étude jusqu'à la fin du mois de septembre dans l’attente d’avoir plus de détails, notamment sur le plan de sauvetage du secteur bancaire. La BCE a ressorti de ses cartons un autre outil d’aide aux banques. Elle acceptera de prendre en collatéral les titres de dette négociables en dollar, livre et yen, à la condition qu’ils aient été émis et soient détenus dans la zone euro. La banque avait déjà procédé à un tel élargissement entre octobre 2008 et décembre 2010 en appliquant aux titres en question une décote supplémentaire de 8%.
Pour Patrick Jacq, stratégiste senior chez BNP Paribas, «c’est surtout dans les pays périphériques qu’il y a de la dette en devises. Historiquement, ces pays ont pas mal émis dans des devises qui leur coûtaient moins cher en taux d’intérêt, notamment en yen». Pour la dette souveraine, cette mesure profiterait surtout à l’Italie qui a environ 30 milliards d’euros de titres émis en dollar, yen et livre.
Plus d'articles du même thème
-
Ubisoft s'attend à une nouvelle année difficile
L'entreprise de jeux vidéos a annoncé des prévisions en baisse en attendant des sorties de jeux plus importantes lors de son année 2027-2028. -
Le marché de l’immobilier de bureaux piétine toujours
Les grandes transactions manquent encore pour relancer vraiment le marché locatif, à part dans le quartier de La Défense où elles semblent repartir. Le marché européen suit à peu près les mêmes tendances. -
JPMorgan Private Bank croit aux actions émergentes et au thème de la défense
Dans le cadre de ses perspectives d’investissement mondiales de mi-année, la banque privée plébiscite une exposition sur les marchés émergents qui sortent d'une très belle année 2025 ainsi qu'au secteur de la défense poussé par la multiplicité des conflits mondiaux. -
Les fonctions risques et assurances parlent encore trop peu la même langue
Une étude de Kyu et de l’Amrae met en lumière une juxtaposition des fonctions et non une coopération. -
Commerzbank met en scène sa riposte à UniCredit, qui poursuit ses achats
Lors de son assemblée générale, la banque allemande a clamé haut et fort son opposition au projet de rachat par sa concurrente italienne. De son côté, UniCredit continue à acheter des produits dérivés, à défaut de convaincre les actionnaires. -
Santiane a finalement trouvé preneur
Après plusieurs mois de prospection du marché pour trouver un acheteur prêt à prendre la suite de Latour Capital, Santiane signe avec Kereis, lui-même détenu par Advent International.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF RévélationOpération vérité sur les retraites des fonctionnaires
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, veut bouleverser la présentation des comptes de l'Etat pour mieux faire apparaître le vrai coût financier de la retraite des fonctionnaires. Voici comment -
MéfiancePourquoi le deal commercial entre les Européens et Trump demeure fragile
La procédure avance du côté européen mais des embardées ne sont pas exclues, loin de là -
PortraitRetraites : Jean-Pascal Beaufret, le choix de la plume face à « un déni de réalité »
L’ancien inspecteur des Finances alerte depuis 2022 sur le manque de transparence des comptes publics. Rare voix à s’élever sur le sujet, sa thèse suscite la curiosité de la classe politique.