«Nous voyons de nouvelles opportunités sur les marchés actions émergentes»
- L’Agefi: Pourquoi conservez-vous la même allocation depuis le mois de mars ?
- Sandra Craignou: Notre allocation stratégique, basée sur des vues de long terme, n’est pas amenée à changer souvent. Les actions restent notre classe d’actifs privilégiée dans un contexte où les anticipations de croissance sont plus fortes et les politiques monétaires toujours accommodantes, malgré le «tapering» aux Etats-Unis. Nous voyons aussi de nouvelles opportunités sur les marchés émergents, soutenues par un meilleur rendement des dividendes et des valorisations plus attractives comparées à celles des marchés développés. Les marchés se trouvent aujourd’hui à leurs niveaux moyens de long terme ou en dessous. Il y a néanmoins un écart significatif entre les actions américaines et les émergentes en termes de PER et de rendement des dividendes.
- Ne pourriez-vous pas revenir progressivement sur l’obligataire ?
- Depuis le début de l’année, les marchés obligataires ont fortement progressé, et pas uniquement sur le high yield et les obligations émergentes. Les niveaux extrêmement bas de taux d’intérêt aux Etats-Unis, en Europe et au Royaume-Uni couplés aux mesures non conventionnelles, dont le quantitative easing, ont entraîné des distorsions en terme de prix des actifs et de comportement des investisseurs. Les niveaux atteints incitent à la prudence. Le début du «tapering» aux Etats-Unis devrait entraîner une hausse des taux longs américains. L’accélération de l’économie américaine pourrait pousser les taux 10 ans entre 3 et 3,5%. Ce mouvement devrait influencer les marchés américains et britanniques, mais un effet de contagion est possible sur les taux européens, notamment ceux des emprunts d’Etat périphériques.
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