«Nous tablons prudemment sur une pause ou une faible progression (+5%) à 12 mois»
Pourquoi anticipez-vous un quasi statu quo des Bourses à horizon un an ?
Rachid Medjaoui : Nous avons réduit ces derniers mois assez sensiblement la probabilité du scénario très négatif (démantèlement de l’euro, forte contraction du crédit) en raison du refinancement à 3 ans de la BCE et d’une résistance de la croissance hors Europe. Pour autant celle du scénario positif (fin de la crise en zone euro, croissance faible mais pérenne) reste assez faible. Notre scénario central table sur un dénouement positif concernant la croissance et le dossier zone euro. Cependant, les évolutions risquent d’être assez heurtées pendant encore deux à trois trimestres (pétrole, Portugal). Si les politiques monétaires de reflation des banques centrales sont des soutiens aux actifs risqués (effet liquidité), ceux plus durables des fondamentaux ne peuvent prendre le relais que plus tard dans l’année. Dans ces conditions, et après la forte progression depuis le début 2012, il est plus prudent pour le moment de tabler sur une pause ou une faible progression (+5%) à 12 mois, et une possible correction à court terme. Pour autant, la dynamique devrait devenir de plus en plus asymétriquement positive.
La prudence des émetteurs pour 2012 vous incite-t-elle à réviser vos objectifs à la baisse ?
Cette posture n’est pas une surprise. Les phénomènes post-crise de désendettement des ménages, banques et Etats vont peser durablement sur la conjoncture économique et rendent fragile la reprise mondiale. Cela étant, la prudence des sociétés n’est pas forcément un facteur négatif pour les investisseurs car elle augmente la probabilité d’avoir des bonnes surprises lors des annonces de résultats.
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