Nous sommes raisonnablement constructifs sur les actifs risqués actions et obligations privées
Patrick de Fraguier, responsable de la stratégie chez Crédit Agricole Asset Management
Publié le
Bruno de Roulhac
L’Agefi: Pourquoi restez-vous à «surpondérer» sur les obligations ?
Patrick de Fraguier: La surpondération doit être mise en perspective dynamique et analysée en instantané. D’une part, elle est marginale en termes de contribution à la duration, mais s’explique par le très faible niveau de rémunération du monétaire et la forte pente de la courbe des taux. D’autre part, elle est essentiellement due à notre surexposition crédit depuis près d’un an et que nous avons légèrement réduite récemment (neutralisation du haut rendement). Cette légère surpondération obligataire euro est cohérente et compatible avec notre scénario central, où la croissance retrouvée mais pas encore autoentretenue et l’inflation n’enregistrent qu’une remontée temporaire. Par ailleurs, cette position est associée à une surpondération relative action qui elle aussi est au détriment des placements monétaires en euro.
Pourriez-vous modifier sensiblement votre allocation dans les prochaines semaines?
L’analyse du contexte économique et financier actuel n’incite pas à augmenter l’exposition directionnelle ou les positions relatives de l’allocation tactique. A notre avis, la situation nécessite la poursuite des politiques de reflation (monétaire et budgétaire accommodantes) plutôt qu’une normalisation précoce par les banques centrales. Ainsi, la balance des opportunités et des risques est désormais plus équilibrée mais en revanche les marchés sont plus vulnérables sur ces bas niveaux de volatilité et de volumes de transactions. En effet, techniquement, les effets de base sur les résultats récemment publiés du troisième trimestre par les sociétés cotées (en grande majorité supérieurs aux attentes et finalement de meilleure qualité) et de flux semblent actuellement les principaux moteurs des marchés.
Le fabricant d’armes franco-allemand a enregistré une croissance de 16% en 2025 et son carnet de commandes a bondi de 40%. La cotation à Paris et Francfort est toujours en vue.
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