«Nous réduisons progressivement notre surexposition aux émetteurs français»

Paul Gurzal, gérant chargé de la stratégie obligataire à La Française AM
Violaine Le Gall

L’Agefi: Pourquoi êtes-vous passés à sous-pondérer sur le crédit?

Paul Gurzal: La corrélation entre crédit et actions a été particulièrement forte depuis quelques mois. Néanmoins, suite à la correction récente des marchés actions, le crédit affiche une excellente résistance. Cette situation ne devrait pas perdurer: les incertitudes politiques autour de la Grèce et de la situation espagnole appellent à plus de prudence. Autre élément inquiétant: les divergences entre l’Allemagne et la France s’accentuent. En avril, le crédit français affiche la troisième plus mauvaise performance des pays de la zone euro derrière l’Italie et l’Espagne tandis que le crédit allemand reste en tête. Ce mouvement centrifuge qui pousse certains pays core vers la périphérie devrait s’accentuer. De plus, l’agence de notation Moody’s devrait publier ses conclusions concernant les abaissements de notations des banques européennes. Ces abaissements seront sensibles et pénalisant pour les valorisations.

Quelle est actuellement votre stratégie sur la classe d’actifs?

Nous réduisons notre surexposition sur les financières seniors européennes. Nous sous-pondérons le secteur des corporates investment grade européens au vu des valorisations et nous passons négatifs sur les segments à rendement élevé comme les financières subordonnées ou le high yield long terme. Nous constituons une poche de liquidité importante. En termes de choix pays, nous favorisons l’Allemagne au détriment des autres pays européens. Nous réduisons progressivement notre surexposition sur les émetteurs crédits français dont le profil de risque converge dorénavant plus vers un pays périphérique qu’un pays core.

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