«Nous recommandons de rester tactiquement neutre sur le marché du crédit»
L’Agefi: Le dynamisme du marché du crédit peut-il s’essouffler à l’approche de la fin de l’année?
Stéphan Mazel: Le marché du crédit européen a déjà offert sur les dix premiers mois de l’année une performance satisfaisante de l’ordre de 6,5% alors que les motifs de tension n’ont pas manqué: crise des pays périphériques ou incertitudes réglementaires liées aux institutions financières. Dans ce contexte, avec une fin d’année marquée par la remontée de l’aversion pour le risque (craintes sur l’Irlande, récent accord européen sur le Mécanisme de résolution de crise, faible visibilité entourant les décisions prises lors du sommet du G20…), un certain attentisme semble de rigueur sur le marché. L’objectif, tant chez les investisseurs que chez les opérateurs de marché est de préserver les performances de l’année.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie d’investissement?
Les rendements exceptionnellement bas et les perspectives de croissance molle sont des soutiens naturels à la classe d’actif crédit. De plus, celle-ci propose encore des niveaux de spreads élevés au regard des anticipations de taux de défaut. Cependant, l’approche de fin d’année combinée à la résurgence de la volatilité, réduisent d’autant la liquidité sur un marché caractérisé par des périodes d’euphorie ou d’aversion. Après la bonne performance réalisée sur les deux derniers mois, notamment en raison de l’anticipation de la mise en place de la politique d’assouplissement quantitatif 2 de la Réserve fédérale, nous recommandons de rester tactiquement neutre sur la classe d’actif. Nous privilégions les émetteurs à l’écart du risque souverain, sur les segments de courbe intermédiaires, et nous gardons une position en cash de 5%.
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