« Nous privilégions les segments BBB et les obligations à haut rendement »
L’Agefi: Schroders est à «surpondérer» sur le crédit alors que la majorité du panel est à «neutre». Pourquoi un tel optimisme ?
Jamie Stuttard: Dans la plupart des cycles de crédit observés au cours des 90 dernières années, l’essentiel de la compression des spreads de crédit intervient en effet au cours des 12 premiers mois. Par la suite les primes de risque suivent une évolution plus régulière et finissent par se stabiliser à l’intérieur d’une fourchette de 75-100 pb par rapport aux emprunts d’Etat dans le cas de la catégorie «investissement».
Après un plus haut sans précédent atteint en mars 2009 de 509 pb, les spreads se sont comprimés fortement pour atteindre aujourd’hui environ 170 pb. Cela signifie que nous sommes revenus au niveau de 2002, qui était quand même le niveau le plus élevé du précédent cycle de crédit. En définitive, les spreads ne se sont que peu réduits en 2010, ce qui laisse du potentiel pour cette année.
Quelles classes d’actifs privilégiez-vous ?
L’idée est de favoriser les sociétés qui ont encore des potentiels de réduction de leur endettement, et d’amélioration de leurs marges d’exploitation. Actuellement, les ratios mesurant le rapport entre liquidités et endettement sont proches de leurs plus hauts et il est donc plus difficile qu’il y a 18 mois de trouver des émetteurs dont la situation est encore susceptible de s’améliorer. Nous privilégions désormais les segments BBB, les obligations cross-over ou à haut rendement (dont le rendement moyen en Europe est encore de l’ordre de 8%), ainsi que les segments les moins chahutés du secteur financier.
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