«Nous pensons désormais que la BCE va abaisser son taux de refi à six mois»
- L’Agefi : La politique de la Banque du Japon (BoJ) accentue la baisse des taux en Europe. Cela va-t-il durer ?
- Maud Minuit : La politique de la BoJ a surpris par son ampleur. L’impact à la baisse sur les taux de la dette japonaise est significatif et les maturités les plus longues de la courbe devraient encore en bénéficier. Par ailleurs, la dépréciation du yen, souhaitée par le gouvernement pour sortir le pays de la déflation, pousse les domestiques japonais à détenir des actifs dans d’autres devises qui offrent un supplément de rendement par rapport aux titres d’Etat japonais. Ces liquidités supplémentaires réduisent le risque de remontée des taux des pays core à moyen terme. De plus, la baisse des taux allemands a accompagné une pause dans la conjoncture déjà faible de la zone euro depuis le début de l’année.
- Comment voyez-vous évoluer le taux de refinancement de la Banque centrale européenne à six mois ?
- Dans le communiqué de la BCE du 4 avril, apparaît une plus grande prudence sur le diagnostic économique de la zone euro. Il intègre le repli des enquêtes conjoncturelles, y compris en Allemagne, dont la croissance semble s’essouffler à l’entrée du deuxième trimestre. La BCE réfléchit aux outils qui permettraient de transmettre le caractère accommodant de la politique monétaire à la sphère réelle. Le discours de Mario Draghi renforce la probabilité d’une baisse des taux, c’est pourquoi nous avons changé notre prévision à 6 mois et prévoyons désormais 0,50% sur le taux refi. Par ailleurs, on notera l’apparition de la mention «aussi longtemps que nécessaire» pour qualifier le caractère accommodant de la politique monétaire de la BCE.
{"title":"","image":"79603»,"legend":"panel taux»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable. -
Les marchés de capitaux s’orientent vers un millésime 2026 hors norme
Les Etats-Unis, alimentés par les cotations et des levées de fonds historiques dopées à la tech, dominent plus que jamais le marché mondial des capitaux qui progresse de 62 % à 610 milliards d’euros. En Europe, les IPO peinent à transformer l’essai. Les convertibles signent leur résurrection.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- La cotation de SpaceX bouscule la gestion passive
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français