«Nous nous attendons à une correction qui sera une occasion de revenir vers le risque»
L’Agefi: Comptez-vous vous renforcer en actions avec la reprise des Bourses depuis le début de l’année ?
Mathieu Pivovard: L’année a débuté en fanfare sur les marchés boursiers. C’est la LTRO de décembre et les attentes concernant celle de février qui ont conduit les marchés dans cette spectaculaire ascension, donnant le sentiment aux investisseurs qu’un afflux de liquidités aussi massif (vers les banques) permettrait de sortir de cette crise. Les statistiques macro et micro-économiques aux Etats-Unis ont également porté les marchés. Malheureusement, nous pensons que les marchés et les investisseurs se sont nourris de trop d’espoirs et que le momentum économique ne peut que baisser dans la zone euro (et aux Etats-Unis). Les résultats devraient ainsi continuer d’être révisés à la baisse, et la situation en Grèce (et peut-être au Portugal) pourrait dégénérer. Dans ce contexte économique et politique toujours tendu, nous avons tout dernièrement réduit nos expositions sur les actifs risqués et nous nous attendons donc à une correction qui sera, si les conditions le permettent, une occasion pour revenir vers le risque.
La perspective électorale en France vous conduit-elle à modifier votre allocation ?
Si l’un des deux favoris dans les sondages remportait cette présidentielle, les propositions de politiques économiques ne semblent pas et ne pourraient de toute façon pas diverger trop fortement. L’austérité budgétaire n’est plus un besoin, mais une nécessité et les deux candidats l’ont déjà intégrée dans leur programme. Notre allocation ne serait donc pas sujette à modification, dans l’hypothèse où l’un des deux principaux candidats serait élu.
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