« Nous n’envisageons pas de mouvement significatif sur les taux longs européens cette année »
L’Agefi: 35% des panélistes croient à une fin aux Etats-Unis de la politique de taux zéro, quelle est votre position?
Pascal Gilbert: C’est une possibilité mais nous ne l’avons pas inscrite dans notre scénario central. Ce geste sera avant tout un message envoyé au marché car, d’un point de vue économique, son importance sera très limitée. Implicitement, il signifierait que les marchés financiers sont en mesure de fonctionner de manière autonome.
En Europe, quelles sont vos perspectives sur les taux longs?
Nous n’envisageons pas de mouvement significatif sur les taux longs européens cette année. Cette stabilité s’observe d’ailleurs depuis septembre 2009 si on considère l’ensemble des dettes gouvernementales de la zone euro, la baisse des taux des pays du noyau dur étant compensée par la hausse des pays périphériques. D’un point de vue fondamental, les facteurs positifs et négatifs se neutralisent. Coté positif, le maintien d’une politique monétaire accommodante pour de nombreux mois encore et les resserrements budgétaires à venir constituent de solides soutiens. Coté négatif, la reprise actuelle milite pour une allocation plus offensive, généralement favorable aux marchés d’actions et au détriment des taux gouvernementaux. Enfin notre analyse, qui repose sur la décomposition des rendements nominaux entre taux réel et inflation, confirme ce sentiment. Au delà du court terme, pour lequel l’action de la BCE a un impact avéré, les taux réels à terme sont proches de 2% sur les titres d’Etat français avec une inflation anticipée du même ordre. Dans le contexte actuel, l’investisseur est ainsi correctement rémunéré sans grand espoir de réaliser in fine une très grande performance.
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