Nous ne pensons pas que l’euro doive poursuivre son chemin au-dessus de 1,50 dollar
Alexandre Bourgeois, chef économiste adjoint chez Natixis
Publié le
Tân Le Quang
L’Agefi: l’euro/dollar est-il parti pour dépasser durablement la barre des 1,50 ?
Alexandre Bourgeois : L’euro ne possède aucune des qualités intrinsèques qui pourraient faire de lui une monnaie forte: les écarts de taux d’intérêt avec les Etats-Unis sont extrêmement réduits, les performances de croissance sont en faveur de la première puissance mondiale, la rentabilité du capital n’est pas meilleure sur le Vieux Continent, les marchés financiers sont plus vastes et plus liquides outre-Atlantique… Une fois de plus, c’est donc bien la monnaie américaine qui est à l’origine des mouvements de l’euro/dollar. En particulier, les investisseurs internationaux profitent actuellement de la baisse de l’aversion pour le risque et du bas niveau des taux d’intérêt en dollars pour réaliser de vastes investissements dans les pays émergents. Ces sorties de capitaux sont à l’origine de la baisse du dollar au cours des derniers mois. Tablant sur une remontée de l’aversion pour le risque au cours du premier semestre 2010 (dans le sillage d’une nouvelle dégradation de la conjoncture dans les pays occidentaux), nous ne pensons donc pas que l’euro doive poursuivre son chemin au-dessus de 1,50 dollar.
Pourquoi tablez-vous sur une dépréciation prolongée de la livre sterling face à l’euro ?
Depuis le début de la crise financière, la livre a perdu beaucoup de ses atouts: le système financier britannique a été fortement ébranlé, la croissance affiche une capacité de rebond très limitée, le gouvernement a dû en urgence venir au secours de plusieurs fleurons du système bancaire, les finances publiques se sont très profondément dégradées… En conséquence, il nous semble peu probable d’assister à un rebond de la livre au cours des prochains mois.
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