« Nous n’attendons pas de grand mouvement des marchés actions avant le début de l’été »

explique Philippe Percheron, multigérant au CM-CIC Asset Management
Propos recueillis par Bruno de Roulhac

L’Agefi : Quelles sont vos anticipations à court terme sur les marchés actions ?

Philippe Percheron : Après une année de turbulences, les statistiques de ce début 2008 montrent que l’économie mondiale a traversé un trou d’air au mois de décembre. Au-delà des signaux visibles (montée du chômage aux Etats-Unis, recul des créations d’emplois, baisse sous le niveau de 50 de l’indice ISM), ceci se retrouve aussi dans l’indice du fret maritime Baltic Index. Un constat qui s’ajoute aux effets de la crise du crédit américain. Ce contexte difficile pourrait amener une période de grande agitation, comme en témoigne la sensible hausse de la volatilité qui s’est diffusée sur toutes les échéances.

Aussi, nous n’attendons pas de grand mouvement des marchés avant le début de l’été. Parmi les Bourses de la zone euro nous accordons un petit avantage à l’indice CAC 40 pour une double raison : une croissance des BPA plus forte sur le CAC 40 que sur l’Eurostoxx 50 pour l’année 2008, une moindre représentation des financières dans le CAC que dans l’Eurostoxx 50, ce dernier pouvant aussi pâtir, par exemple, du poids des valeurs espagnoles affectées par la moindre santé de leur économie.

Quels catalyseurs permettraient de sortir de la crise ?

Les marchés risquent d’être convalescents jusqu’à ce que l’économie américaine envoie des signes de retour de la croissance économique à son niveau potentiel voire au-delà. Cela signifiera que le consommateur américain aura retrouvé le chemin des magasins, que la consommation, premier moteur de la croissance économique, joue pleinement son rôle. Cela signifiera aussi que la question du découplage/recouplage des économies occidentales avec les économies émergentes ne hantera plus les esprits.

N’oublions pas cependant la capacité des sociétés (hors financières) à nous surprendre sur les résultats au cas où le ralentissement ne serait pas aussi marqué qu’anticipé. Tout retour de confiance sur le marché du crédit serait évidemment un signal majeur supplémentaire.

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