Nuno Teixeira, directeur général adjoint de Schroders France
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Tân Le Quang
L’Agefi : Schroders est passé de « positif », en mai, à « neutre », en juin, sur les perspectives de spreads à un mois. Comment expliquez-vous ce regain de prudence ?
Nuno Teixeira : Après la forte hausse d’avril (+2,7 % pour l’indice Merrill Lynch EMU Corporate), les marchés de crédit de la zone euro ont encore enregistré une performance très soutenue en mai (+2,2 %). En effet, l’action de la BCE et un certain nombre de résultats d’entreprises - plutôt meilleurs que prévu - ont permis un resserrement des primes de risque.
Si la volatilité peut revenir, nous restons convaincus que le crédit offre des opportunités très attractives. Les niveaux de spreads demeurent très élevés et ceux des sociétés qui survivront à la récession pourraient baisser de moitié d’ici un an.
L’économie mondiale sera plus tonique en 2010 et en 2011 qu’en 2009, car les ménages cesseront de « surépargner » par crainte de l’avenir, comme ils le font actuellement.
Toutefois, une embellie moins marquée de l’environnement économique suffirait à surprendre les intervenants. Compte tenu de l’ampleur du rally des deux derniers mois, nous adoptons une position moins agressive.
Dans ce contexte, quelle catégorie de dette privilégiez-vous ?
Ce sont les émissions les plus risquées - titres massacrés, dette subordonnées des financières - qui ont enregistré les meilleures performances. Toutefois, nous maintenons un biais en faveur de la qualité. Globalement, nous avons beaucoup participé aux émissions sur le primaire car les spreads des titres nouvellement émis ont eu tendance à se resserrer. Nous avons ainsi acheté récemment les émissions de Sanofi-Aventis et de Carlsberg.
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