« Nous lancerons dans les prochains mois une consultation sur les ETF »
L’Agefi: Où en est la mise en place d’une supervision paneuropéenne des agences de notation?
Steven Maijoor: Nous sommes dans la phase d’enregistrement, au niveau des autorités nationales qui ont reçu les demandes. Ensuite, Esma sera chargée de vérifier directement les exigences de gouvernance, de transparence, d’indépendance. J’espère que nous pourrons effectuer nos premières visites sur site cette année.
La régulation fait une part trop grande aux notations des agences. Faut-il s’en «désintoxiquer» comme l’a dit le FMI?
C’est une des questions posées par la dernière consultation de la Commission européenne. Certes, nous devons éviter de trop nous reposer sur ces notations. En même temps, le fait même que nous les supervisions montre que ces agences jouent un rôle important dans le fonctionnement des marchés financiers. Il faut être réaliste: elles auront toujours une fonction économique.
Que pensez-vous de l’idée d’une agence européenne, éventuellement publique, évoquée par Michel Barnier?
Il est bon d’avoir plusieurs options. S’agissant d’une agence publique, je vois deux types de problèmes. Les premiers ont trait à l’indépendance, cruciale pour avoir une notation crédible. Les seconds sont ceux de l’équité de la concurrence entre une organisation financée par des gouvernements et des agences privées.
Comment abordez-vous la révision de la directive Marchés d’instruments financiers?
Nous avons produit l’an dernier beaucoup de conseil technique à ce sujet. La directive MIF a apporté jusqu’à présent plus de concurrence mais aussi beaucoup de dispersion entre les différents lieux de négociation. Cela pose la question de savoir si cette dispersion est réellement efficace en termes de formation des prix et d’information pour les investisseurs, mais aussi pour les émetteurs qui ne savent pas forcément où leurs titres sont négociés. Actuellement, nous nous penchons sur le trading à haute fréquence. Esma aura aussi un rôle à jouer pour définir quels produits dérivés tomberont sous le coup de l’obligation de trading sur un marché organisé qui sera créée pour certains produits dérivés dans la directive MIF 2. Le critère de liquidité sera sûrement un facteur déterminant important.
Quelle est votre réaction à l’enquête de l’autorité européenne de la concurrence sur les CDS?
A chacun son mandat. Mais bien sûr je suis en faveur de la concurrence. Si l’autorité de la concurrence a des besoins d’information ou veut connaître notre avis, nous serons heureux de les lui fournir.
Etes-vous favorable à ce que les chambres de compensation aient un accès à la liquidité banque centrale?
Les chambres de compensation vont devenir des organisations très importantes, ce qui peut soulever des problèmes de stabilité. Elles ont besoin d’être suffisamment liquides et solvables, y compris en cas de problème. Nous travaillerons de concert avec le réseau européen des banques centrales pour trouver des solutions.
Plusieurs rapports, notamment du Conseil de stabilité financière, signalent que les ETF deviennent de plus en plus sophistiqués et risqués. Qu’en pensez-vous?
Nous observons depuis un moment cette tendance à offrir des produits de plus en plus complexes aux investisseurs, y compris sur le marché de détail. Les ETF en font partie. Vous pouvez vous attendre à ce qu’il y ait une consultation sur ces OPCVM complexes, y compris les produits de hedge funds commercialisés sous le format Ucits, dans les prochains mois. Le CSF a raison de souligner qu’il y a des risques associés à ces produits, particulièrement s’ils sont synthétiques. Nous devons comprendre, en tant que régulateurs, comment ils sont structurés et comment ils fonctionnent, pour des raisons de stabilité mais aussi de traitement des investisseurs particuliers.
Pour suivre tous ces chantiers, prévoyez-vous de renforcer vos équipes?
Notre organisation a besoin de grandir. Fin décembre, nous avions 45 salariés. Nous en aurons 75 à la fin de cette année et 100 à environ 120 fin 2012. Cela dépend en partie des tâches qui nous serons confiées par les législateurs. Si nous devons faire plus, il nous faudra être plus nombreux.
Pouvez-vous vous offrir des spécialistes à la hauteur, compte tenu des salaires élevés de l’industrie financière?
A voir la qualité des CV que nous recevons, je pense que nous sommes compétitifs. Au reste, dans ma carrière, j’ai vu des gens très bien payés prendre de très mauvaises décisions et d’autres avec un salaire moyen en prendre de très sages. L’argent n’est pas la mesure de toute chose.
Plus d'articles du même thème
-
Les responsables financiers français font preuve de prudence avec l’IA
L’enquête mondiale d’Airwallex relève qu’en France plus qu’ailleurs la fonction finance intègre pour l’heure les fondamentaux avant de se lancer dans l’opérationnel. -
KKR muscle ses ambitions dans l'assurance en recrutant l'ancien patron de Manulife
Après avoir dirigé l'assureur canadien de 2017 à son départ en retraite en 2025, Roy Gori conseillera la firme new-yorkaise, propriétaire de Global Atlantic, sur ses opportunités dans l'assurance et les services financiers. -
Prologis relève une dernière fois son offre sur Segro
Le spécialiste de la logistique américain a relevé pour la quatrième fois son offre sur son concurrent britannique. La date limite pour qu’une offre soit officiellement formalisée est fixée à ce mercredi 22 juillet au soir. -
Le baril de pétrole s’approche de 95 dollars avec le nouveau blocus en mer Rouge
Aux tensions dans le détroit d’Ormuz s’ajoute maintenant le blocus maritime des Houthis dans le détroit de Bab el-Mandeb situé à l’entrée de la mer Rouge. -
Milleis change de directeur général pour sa banque privée
Dans la foulée de son rachat par LCL, la banque privée acte le départ de Nicolas Hubert, en poste depuis près de huit ans. Il est remplacé par Julien Calvar, l'actuel directeur général délégué et directeur des opérations. -
Santander affiche un bénéfice net sous-jacent en hausse au deuxième trimestre
La banque a cependant enregistré des provisions en hausse et des charges de restructuration liées à TSB de 250 millions d’euros.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
Vers la fin du gaz dans l’industrie ? Un rapport parlementaire dévoile ses pistes pour une électrification « massive »
Transmis au Premier ministre par un député LR, le rapport plaide pour intégrer au prochain budget des mesures de soutien à l’électrification de l’industrie. -
« Incident sans précédent » : une IA échappe au contrôle d’OpenAI et pirate une autre entreprise
Mardi, OpenAI a annoncé qu’une de ses IA a accédé de son propre chef à Internet et a hacké Hugging Face, une autre entreprise spécialisée dans l'intelligence artificielle -
Flacon couture et grand cru, notre sélection de cinq huiles d'olive d'exception pour l été
Tandis qu'Estoublon donne des airs de flacon de parfum à ses flacons d'huile d'olive, Maison Sarah Lavoine les sublime dans un nuancier de céramique et Oliviers & Co habille les siennes de teintes solaires... Tour d'horizon des flacons d'huile d'olive qui vont égayer les tables de l'été.