«Nous croyons à une légère dépréciation de la devise européenne»

Pascal Gilbert, responsable gestion obligataire à La Française AM
Solenn Poullennec

L’Agefi : quelles sont les conséquences des dernières actions de la BCE sur l’euro ?

Pascal Gilbert : On peut dire qu’avec plus de 30% du PIB européen en collatéral, face à ses opérations de refinancement dont plus du tiers à long terme, la BCE a procédé à une certaine mutualisation du risque financier de la zone euro. L’action déterminée de la banque centrale contient à notre sens plusieurs implications pour la devise européenne. Au rang des aspects positifs, ce geste réduit considérablement le risque de liquidité qui pesait depuis de longs mois sur le système bancaire européen. De plus, en lui donnant de la visibilité et de la liquidité bon marché, il lui permet de participer au financement des Etats périphériques de la zone euro. A court terme cependant, il est probable qu’une partie de cette liquidité abondante s’investisse sur des supports non libellés en euros. C’est pour cette raison que dans un premier temps nous penchons plutôt pour une légère dépréciation de la devise européenne, notamment contre dollar.

Pourquoi pariez-vous sur une parité euro/livre à 0,90 à 3 et 6 mois ?

La dépréciation du sterling que nous envisageons devrait s’opérer rapidement avec le règlement du dossier grec, lequel a pénalisé fortement la devise européenne. Le positionnement géographique et politique, très proche de la zone euro a assurément joué positivement pour l’Angleterre mais face à une perspective de croissance faible, notamment en raison du poids important du secteur financier, la dépréciation du taux de change reste une option que les autorités monétaires, toujours pragmatiques, n’hésiteront pas à utiliser pour aider la conjoncture.

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