« Nous craignons que les marchés européens ne comblent pas leur retard sur les Etats-Unis »
Hugues de Montbel, gérant chez Aberdeen Asset Management France
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Bruno de Roulhac
L’Agefi : Pourquoi avez-vous fortement réduit vos objectifs sur les marchés?
Hugues de Montbel: Ils ont été abaissés pour tenir compte des incertitudes croissantes sur la vigueur et la vitesse de la reprise économique. La hausse du risque souverain et la mise en place de plans d’austérité pourraient impacter négativement la reprise des résultats. La santé du consommateur américain également pourrait jouer sur la demande globale. Ceci dit, la reprise au niveau mondial se confirme et on pense toujours que la croissance américaine devrait surprendre à la hausse, que les BPA devraient croître de 30% cette année, et que la valorisation des actions reste attractive. La consolidation actuelle était attendue, même si elle est arrivée plus tôt que prévu. Mais au-delà, nous ne voyons toujours pas de raison de modifier notre allocation d’actifs.
Pour quelles raisons êtes-vous plus prudents sur l’Europe ?
Si le scénario de reprise aux Etats-Unis paraît bien enclenché, celui en Europe pourrait être remis en cause avec le resserrement des politiques fiscales sur la moitié du PIB de la zone euro, que le stimulus allemand ne compensera pas. Maintenir un scenario de croissance autoalimentée requiert une forte croissance des exportations allemandes (possible) et/ou une résurgence de la consommation en Allemagne via une réduction du taux d'épargne (peu probable). Si la BCE va mettre en route la normalisation de sa politique de soutien de la liquidité, la perspective d’une rechute (double-dip) devrait l’inciter à maintenir des taux bas au moins jusqu’à la fin de l’année. Face au risque qui pèse sur la croissance, nous craignons que les marchés européens ne parviennent pas à combler leur retard, notamment sur les Etats-Unis.
Ce risque n’est encore qu’en septième position, alors que les risques humains et opérationnels (santé et sécurité) dominent dans le monde, particulièrement en Europe. Suivent les risques liés aux pertes de données et aux cyberattaques.
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