« Nous continuons d’attendre un dénouement rassurant pour les investisseurs »
L’Agefi : Pourquoi conservez-vous quasiment inchangées vos prévisions depuis plusieurs mois ?
Rachid Medjaoui: Depuis le début de l’année, les indices ont oscillé entre du très positif (pour le CAC 40, près de +10% mi-février et +8% fin avril) et du légèrement négatif (environ -3% mi-mars et -1,5% actuellement). Cette évolution en tôle ondulée caractérise une phase de cycle où le marché réagit plus aux nouvelles de court terme qu’aux anticipations de moyen terme. Nous continuons d’attendre un dénouement rassurant pour les investisseurs sur les grandes interrogations même si le cheminement sera douloureux et chaotique. La crise grecque recevra une réponse car les enjeux politiques dépassent de loin l’impératif des ajustements économiques et financiers. D’autre part, le risque d’un atterrissage en catastrophe des économies émergentes ne doit pas être sous-estimé. Pour autant, les banques centrales de ces pays se montrent très responsables dans leurs resserrements monétaires. Ceci dans un contexte où des signes, certes encore limités, de ralentissement de la conjoncture, et donc à terme, de pic sur l’inflation, apparaissent.
Le ralentissement de la croissance mondiale vous incite-t-il à plus de prudence ?
Non et Oui ! Non, car la brutalité de la correction de certains indices avancés nous incite à penser que cet essoufflement est transitoire car en grande partie lié à des perturbations ponctuelles comme l’arrêt de la machine économique japonaise, une météo difficile et bien entendu l’impact retardé de la flambée passée des cours du pétrole. Oui, parce que la reprise que nous observons depuis le troisième trimestre 2009 est loin d'être autonome, reste fragile et donc très sensible au moindre choc endogène ou exogène.
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