Nous avons réduit notre exposition sur des émetteurs non cycliques
Nuno Teixeira, directeur général adjoint de Schroders France
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Tân Le Quang
L’Agefi:Ya-t-il encore du potentiel au resserrement des spreads de crédit en Europe ?
Nuno Teixeira: Malgré un resserrement de près de 300 points de base cette année, jamais au cours des 27 dernières années on n’a vu des spreads à des niveaux supérieurs aux niveaux actuels, à l’exception des ceux records des douze derniers mois. Nous n’avons probablement parcouru que 10% à 20% du chemin: la phase de surperformance du crédit par rapport aux emprunts d’État dure historiquement entre 3 et 8 ans. Le marché restera bien orienté, bénéficiera d’une volatilité sensiblement inférieure à celle d’autres classes d’actifs à risque, mais les gains seront bien plus modestes, de l’ordre de 5% par an sur les deux prochaines années. Nous nous attendons à une baisse des spreads d’au moins 100 points de base sur les 12 à 24 prochains mois, ramenant la prime de risque moyenne de 2% à 1% environ. Ensuite, nous devrions osciller dans une fourchette entre 50 et 100 points de base.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie d’investissement ?
Nous avons rééquilibré nos portefeuilles crédit en faveur de sociétés plus cycliques, d’émissions de dette financière subordonnée et de high yield. Ceci étant, nous préférons détenir des émissions dont nous avons des raisons de penser qu’elles auront toujours la faveur des investisseurs dans un an ou deux, quel que soit le profil de la reprise. Ces derniers temps, nous avons acheté des papiers tels que Provident Financial, AP Moller Maersk et Campofrio. Nous avons aussi réduit notre exposition sur des émetteurs non cycliques tels que GlaxoSmithKline, Procter & Gamble et France Télécom. En outre, nous maintenons une position sous-pondérée en termes de sensibilité aux taux d’intérêt.
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