«Nous attendons une sous-performance relative des marchés européens»
L’Agefi: Le ralentissement de la croissance mondiale explique-t-il votre allocation prudente?
Vincent Treulet: En partie. La croissance mondiale n’est pas vraiment mauvaise, mais nous sommes dans une phase de tassement et les espoirs d’accélération du cycle nous paraissent minces. Notre lecture est que la croissance va rester faible aux Etats-Unis et nulle en Europe, y compris au-delà de 2012. Ce n’est pas dramatique, mais il est improbable qu’une tendance durablement positive puisse se dessiner sur les actifs risqués dans un tel contexte. On pourrait donc continuer à voir une oscillation du sentiment des marchés, entre espoir d’une accélération et crainte d’une rechute.
Quelle est votre allocation sur la zone euro?
La zone euro est l’autre raison de notre prudence. Sur le fond, la crise n’est, selon nous, pas encore en voie de règlement. Cette crise a plusieurs visages. Déjà, les dettes publiques, mais cet aspect est gérable dans la durée: les grands pays nous paraissent solvables, et la poursuite de la réduction des déficits, ainsi qu’une mutualisation croissante de la dette entre pays, peuvent en venir à bout. Le vrai enjeu des années à venir réside dans la stabilité de l’union monétaire elle-même: comment partager la même monnaie entre des pays aux compétitivités si différentes, sans plonger les moins compétitifs dans une dépression structurelle ou accepter la mise en place de transferts financiers en leur faveur? La zone euro peut sortir transformée et renforcée de cette crise, mais pour l’heure nous en attendons de l’incertitude et des risques (économiques, mais aussi politiques et sociaux, on le voit avec la Grèce), donc de la volatilité et une sous-performance relative des marchés européens.
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