«Nous attendons une normalisation du marché du crédit vers la seconde moitié de l’année»
pronostique Etienne Gorgeon, responsable de la gestion crédit chez Fortis Investments
Publié le
Propos recueillis par Yves-Marc Le Reour
L’Agefi : Estimez-vous que la crise du crédit actuelle est vouée à se poursuivre ?
Etienne Gorgeon : Le marché du crédit demeure disloqué, marqué par un manque total de liquidité sur le marché secondaire couplé à un marché primaire atone (12 milliards d’euros d’émissions corporate depuis le début de l’année, dont 7 milliards dus à l’émission de General Electric, contre 21 milliards sur les deux premiers mois de 2007). Les intervenants de marché continuent de parier sur des faillites en cascade pour les structures de type CPDO*, CPPI* ainsi que pour les hedge funds (type Peloton Partners). L’aspect plus positif provient du fait que les banques cherchent désormais à rétablir leur crédibilité en procédant à des appels de fonds auprès de leurs actionnaires.
Sur le compartiment de qualité «investment grade», la prime de risque implique un taux de défaut de 10%, niveau historiquement jamais atteint qui nous paraît irréaliste même si l’on incorpore les scénarios de récession les plus sombres. L’inconnue sera bien évidemment la durée ainsi que la sévérité du ralentissement économique. Dans ce contexte nous pensons que sur l’année 2008, le rendement du crédit devrait être au moins égal, voire fortement supérieur à celui des emprunts d’Etat, ce qui n’a pas été le cas en 2007. Nous nous attendons à une normalisation du marché du crédit plutôt vers la seconde moitié de l’année.
Dans cette situation, pourquoi privilégiez-vous la catégorie «A» ?
Deux éléments nous encouragent à nous positionner sur la partie A de la courbe de ratings. Le premier est que cette notation correspond en moyenne à celle des banques et que c’est sur ce segment qu’il y a le plus de rendement à attendre. Deuxièmement, après une crise aussi sévère, les investisseurs ont tendance à se positionner sur les crédits les plus sûrs et les plus simples à analyser. Ces caractéristiques sont celles d’entreprises de bonne signature appartenant à la catégorie A ou mieux notées.
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
Dans son rapport sur le rôle international de l’euro, la BCE classe sa devise au deuxième rang mondial derrière le dollar dans le système monétaire international. L’euro devient également une valeur refuge pour de nombreux investisseurs.
Au terme d'une revue stratégique en vue d'aborder son deuxième cycle de développement, Axa Climate, laboratoire d'innovations climat de l'assureur, vend sa Climate School et se réinvente en conglomérat.
En attendant les méga-IPO de SpaceX puis d’Anthropic et d’OpenAI, Alphabet a annoncé une levée inédite de 80 milliards de dollars, pour profiter de l'élan retrouvé des valeurs liées à l’IA. Au risque d’exacerber une concentration déjà historique.
Outre sa levée de fonds, la biopharmaceutique a signé un financement auprès de BlackRock et de Claret Capital Partners qui lui permet de rembourser intégralement le prêt de 2022 conclu auprès de la BEI. Son horizon de trésorerie s’étend jusqu’à la fin 2027.
La bonne gestion des réseaux électriques sera partout déterminante dans le cadre de l’électrification de l’économie. De ce point de vue, l’Hexagone, et dans les prochaines années également la Chine, auront un avantage compétitif.
Le fonds coté multi-actifs géré activement vise à offrir une diversification du capital à long terme, au-delà des actions et obligations traditionnelles.
Le Parlement européen et les Vingt-Sept se sont mis d’accord sur un texte ouvrant la voie aux centres de rétention à l’étranger et à un allongement des périodes maximales de rétention
Depuis le début de la guerre en Iran, Donald Trump et Benjamin Netanyahu affichent une alliance sans faille. Mais les ambitions contraires des deux dirigeants, l'impopularité croissante d'Israël et la personnalité du Premier ministre fragilisent cette relation spéciale
Les (nombreux) prétendants à l’Elysée avancent à tâtons, méfiants, prudents. Trop de coups à prendre. A un an de la présidentielle, beaucoup d’intentions (lorsqu’il y en a), sans oser en dire trop...