«Nos réinvestissements visent à conférer un profil moins défensif à notre portefeuille»
explique Romain Boscher, directeur des gestions actions chez Groupama Asset Management
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Propos recueillis par Bruno de Roulhac
L’Agefi : Pourquoi êtes-vous revenu massivement sur l’énergie ?
Romain Boscher : Les événements récents ont révélé à quel point la dépendance énergétique (des Etats-Unis et de la Chine notamment) demeurait forte et peu sensible au prix, en dépit du ralentissement économique à l’œuvre. De surcroît, dans la logique d’apparition de bulles successives (actions, crédit et immobilier), les matières premières constituent l’un des derniers candidats bénéficiant des liquidités abondantes mais fuyant les classes d’actifs traditionnelles. Ce double phénomène est de nature à soutenir les valeurs énergétiques. Par ailleurs, dans un contexte tourmenté, au-delà des «liquidités» à proprement parler, la liquidité, très recherchée, se trouve préservée sur les grandes capitalisations peu endettées, catégorie au sein de laquelle les valeurs pétrolières sont très bien représentées.
Pourriez-vous encore renforcer l’aspect défensif de votre portefeuille ?
Nous jugeons notre portefeuille déjà très défensif car, outre nos biais sectoriels, nous privilégions les grandes capitalisations et disposons d’une poche de liquidités significative. Cette posture datant de l’année dernière, la question est plus de savoir quand il sera opportun de renouer avec davantage d’exposition au cycle dans notre portefeuille. Or, si le débat sur la récession américaine persiste, les Bourses ont déjà pris acte de ce coup de frein et les valorisations redeviennent attractives. C’est pourquoi février a donné lieu à des premiers réinvestissements de nature, non pas à conférer un profil offensif à notre portefeuille, mais plutôt à le rendre moins défensif. Nous avons ainsi investi sur quelques valeurs moins cycliques que par le passé (Capgemini, Vinci, Schneider) et dans quelques banques de détail.
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