« Nos investissements se dirigent en priorité vers les notations AA et BB »
explique Alexis Merville, responsable de la gestion crédit chez Lazard Frères Gestion
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Propos recueillis par Tân Le Quang
L’Agefi : Lazard Frères Gestion est à « surpondérer » en terme d’exposition crédit alors que le marché continue de se détériorer. Pour quelles raisons ?
Alexis Merville : Certes, il est difficile d’être optimiste sur une amélioration rapide des conditions de marché actuelles marquées par des incertitudes fortes sur les plans économiques et financiers, un regain de volatilité et une faible liquidité, et il est également difficile de prévoir à court terme l’évolution de la prime de liquidité. Nous sommes plus que jamais attentifs aux fondamentaux des entreprises et aux valorisations à moyen terme des spreads. Et sur ce point, les spreads AA et BB nous apparaissent comme des opportunités d’investissement à considérer aussi bien de manière absolue qu’en arbitrage par rapport aux actions. Nos investissements se dirigent de manière privilégiée vers les ratings AA et BB.
Dans les catégories AA/BB, quels secteurs jouez-vous ?
Le secteur AA est représentatif des grandes banques européennes, celui des BB recouvrant les sociétés industrielles dont les ratios de crédit restent solides. Les spreads de ces deux catégories d’émetteurs se sont tendus de manière telle qu’ils valorisent déjà des scénarios de crise profonde. Pour s’en convaincre, il suffit de repartir de la définition d’un spread : probabilité de défaut x (1-taux de recouvrement) + prime de liquidité. Pour ce qui concerne les banques, les niveaux de marché font plus que compenser les investisseurs des conséquences d’une crise d’une ampleur de celle des savings and loans aux Etats-Unis il y a vingt ans, qui avait abouti à ce qu’une banque sur dix fasse défaut en cinq ans. Au sein du high yield, nous avons fait l’hypothèse que 30 % des sociétés feraient défaut dans les cinq prochaines années. En réalisant une analyse par rating, il apparaît que les niveaux actuels des BB permettent à l’investisseur de générer une performance théorique significative. Il faut naturellement valider et suivre chaque investissement.
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