Northern Rock menacée de poursuites judiciaires à la suite de sa nationalisation

Les actionnaires, dont l’investissement est en risque pour cause de nationalisation, s’opposent à la décision du gouvernement britannique
Virginie Deneuville

La recherche d’un partenaire privé pour la reprise de Northern Rock a été vaine, le gouvernement britannique ayant finalement décidé de nationaliser temporairement l’établissement de crédit immobilier, emporté par la crise financière. Cette annonce, intervenue ce week-end, n’est pas sans provoquer une levée de boucliers de la part de différents acteurs, parmi lesquels le parti conservateur et les actionnaires, qui risquent d’être floués dans cette opération. «Il y aura une action judiciaire», a déclaré Roger Lawson, porte-parole de l’association des actionnaires britanniques, qui compte 2.000 membres incluant des investisseurs de Northern Rock. Selon le bureau d’études Keefe, Bruyette & Woods (KFW), face au vif mécontentement du parti conservateur et des actionnaires, «des poursuites légales apparaissent inévitables».

Un expert indépendant a été chargé de déterminer le montant du dédommagement que recevront les actionnaires et qui sera calculé en excluant les 25 milliards de livres sterling (34 milliards d’euros) injectés par la Banque d’Angleterre pour aider Northern Rock. «En prenant pour hypothèse l’absence de soutien du gouvernement, nous pensons que le surplus éventuel sera modeste, voire inexistant», relève KFW. «Northern Rock sera valorisé en ne prenant pas en compte les prêts du gouvernement, ce qui signifie que la société ne vaudra rien», a indiqué Roger Lawson.

Suspendu en Bourse, le titre Northern Rock a clôturé vendredi à 90 pence, valorisant l’établissement de crédit à 379 millions de livres sterling (507 millions d’euros). SRM et RAB Capital, les deux principaux actionnaires du groupe avec respectivement 11,5 % et 8,2 % du capital, ont souhaité que le gouvernement s’acquitte du paiement d’une valeur comptable d’approximativement 4 livres par action. Ces deux actionnaires s’étaient déjà manifestés précédemment en menaçant de rejeter la proposition de reprise de Northern Rock par Virgin, société du milliardaire Richard Branson, qui aurait dilué leur participation.

La nationalisation de Northern Rock, dont la note long terme a été relevée lundi par Standard & Poor’s (de A- à A), fait également craindre aux salariés, actionnaires à hauteur de plus de 10 % du capital, des vagues de licenciements. «Des réductions d’effectifs son inévitables», souligne l’association des petits actionnaires du groupe. «Il y a déjà des spéculations portant sur 50 % de suppressions d’emplois», indique KBW.

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