Nicolas Sarkozy dévoile ses mesures au nom d’une relance de la compétitivité

Le chef de l’Etat propose d’augmenter le taux moyen de TVA de 1,6 point et celui de la CSG sur les revenus financiers de 2 points
Antoine Duroyon

C’est au cours d’une émission télévisée hier soir que Nicolas Sarkozy a présenté ses remèdes pour relancer la compétitivité de l'économie française et les emplois industriels, alors que la France devrait enregistrer pour 2011 un résultat de déficit «à 5,4% et peut-être à 5,3% (du PIB)». Le président de la République a indiqué que le gouvernement allait proposer deux mesures centrales : une hausse de 1,6 point (de pourcentage) du taux moyen de TVA, qui passera donc à 21,2% à compter du 1er octobre prochain, et un relèvement de 2 points du taux de CSG sur les revenus financiers. Objectif : financer 13 milliards d’euros d’exonérations de charges patronales. Récusant l’expression de «TVA sociale», Nicolas Sarkozy a précisé que les charges salariales ne baisseraient pas, la finalité de la réforme étant de «réduire le coût du travail».

«La France se vide de son sang industriel, il faut arrêter ça», a martelé le président de la République, dont l’argumentaire a évoqué à de nombreuses reprises le cas de l’Allemagne. A ce sujet, Nicolas Sarkozy a également annoncé la création d’une banque de l’industrie, filiale d’Oséo. Dotée d’un milliard d’euros de fonds propres, elle sera lancée en février. «Nous proposerons aux syndicalistes d'être dans le comité qui choisira les investissements», a-t-il détaillé. «Je dis à tous ceux qui veulent investir que cette banque prêtera ces fonds pour l'économie réelle et non pas pour l'économie financière», a souligné Nicolas Sarkozy. Fustigeant une finance qui s’est comportée de manière «folle», le locataire de l’Elysée a promis la création «pour le mois d’août» d’une taxe sur les transactions financières.

«Nous avons trouvé un dispositif qui permet d'éviter les délocalisations puisque toute entreprise cotée en France, même si on l’achète à New York, paiera une taxe de 0,1%, les CDS (credit default swaps), qui sont des instruments spéculatifs sur la dette souveraine, paieront une taxe, et les achats spéculatifs par ordinateur paieront une taxe», a-t-il expliqué, ajoutant vouloir récupérer pour le budget de l’Etat «un milliard d’euros en année pleine». «Ce que nous voulons c’est provoquer un choc, montrer l’exemple», a encore ajouté Nicolas Sarkozy, se disant prêt à rejoindre un groupe européen «à la minute où l’Europe se sera dotée d’une taxe».

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...