Neuf Cegetel toujours vu comme un candidat très probable pour Alice

Pour les observateurs, le prix de 600 à 650 millions d’euros qui a été évoqué dans la presse semble toutefois un peu élevé
Olivier Decarre

Telecom Italia ne fait pas de commentaires, mais des sources proches du dossier ont confirmé hier les informations du Figaro sur la mise en vente de la filiale française Alice. Une éventualité qui se trouve de surcroît confortée par l’absence de démenti formel alors qu’en novembre le groupe italien avait pris soin de rejeter par voie de communiqué des spéculations sur le même sujet.

Cela va-t-il enfin fournir à Iliad (qui détient 19,7 % du marché de l’ADSL) l’occasion de procéder à une acquisition qui lui apporterait immédiatement 6 % de part de marché en plus ? « C’est possible mais je pense que comme à l’accoutumée, ils ne seront pas très agressifs sur le dossier », répond un gérant de fonds high tech.

En fait, même si Numericable n’est pas non plus à exclure, « Neuf nous semble toujours être le candidat le plus probable au rachat », renchérit une note de CM-CIC. Hier, l’opérateur ne faisait pas non plus de commentaire. Mais il est vrai qu’il s’est déjà distingué en matière d’acquisitions avec AOL et Club Internet. Et il a pour habitude de regarder tous les dossiers qui circulent sur le marché.

« Sur le fond, ça devrait les intéresser », estime d’ailleurs le gérant. S’étant déjà construit largement par croissance externe, Neuf Cegetel verrait ainsi son taux de pénétration avoisiner les 30 %. De quoi être encore un peu plus solide face à France Télécom et ses plus de 49 %. En revanche, « Neuf n’aura peut-être pas autant de souplesse qu’auparavant en raison du rachat en cours par SFR », tempère l’expert qui se demande également si du fait de cette opération Neuf se montrera aussi agressif que par le passé sur son développement.

Cela pourrait d’ailleurs jouer sur le prix. Car, au vu des positions de chacun des grands opérateurs, d’aucuns estiment que l’apport des abonnés d’Alice est peut-être moins essentiel qu’il y a quelques mois. Ainsi, bien que CM-CIC estime la valeur d’entreprise « autour de 700 millions d’euros », Aurel juge que « le prix qui circule de 600-650 millions d’euros apparaît élevé alors que ce fournisseur est en perte (ndlr, il affichait un Ebitda négatif de 51 millions sur neuf mois) ». Sur cette base, l’abonné serait valorisé au même prix que celui de Club Internet (708 euros en moyenne). Or, pour le gérant de fonds high tech, cela paraît également un peu élevé. « Je verrais plutôt le prix autour de 550 millions », fait-il valoir.

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