Munich Re cherche à rassurer le marché sur son exposition au subprime

Le réassureur a confirmé son bénéfice record pour 2007, à 3,94 milliards d’euros, et sa faible exposition au subprime de 340 millions d’euros
Alexandre Boksenbaum

Malgré la conjoncture, Munich Re se veut rassurant. Le groupe allemand a publié un bénéfice net part du groupe en repli de 12 % pour le quatrième trimestre 2007, à 560 millions d’euros, en dessous des 579 millions espérés par le marché, mais affecté par une forte baisse de ses revenus de placements financiers. Ces derniers se sont établis à 1,64 milliard d’euros sur le dernier trimestre, soit 14,4 % de moins que l’an dernier en raison des turbulences du marché du crédit. Toutefois, le réassureur a confirmé un résultat net record pour l’ensemble de l’exercice 2007, avec 3,94 milliards d’euros, soit mieux que les objectifs de la société compris entre 3,5 et 3,8 milliards. Sa « restructuration significative » en matière d’investissements a limité son exposition au subprime. Par ailleurs, le niveau moins élevé en 2007 des dommages causés par la saison des ouragans, par rapport à 2005 et 2006, a facilité ce record.

Le groupe, qui avait déjà tenté de rassurer le marché en avançant l’annonce de ses résultats, a de nouveau cherché à s’attirer les bonnes grâces des analystes. Le numéro deux mondial de la réassurance a ainsi proposé un dividende en progression de 22 % à 5,5 euros par action. Il a également insisté sur son exposition limitée au subprime à 340 millions d’euros, représentant 0,2 % de ses investissements, alors que le directeur financier, Joerg Schneider, « ne considère plus problématique » cette question. De son côté, le PDG du groupe, Nikolaus von Bomhard, qui pense que les conditions vont demeurer « difficiles pour l’assurance et les marchés de capitaux » en 2008, a réitéré ses objectifs ambitieux de résultat net compris entre 3 et 3,4 milliards d’euros pour cette année. En 2010, le groupe espère réaliser un bénéfice par action supérieur à 18 euros et être en mesure de reverser 8 milliards d’euros à ses actionnaires sous forme de rachats d’actions et de dividendes.

Thomas Radinger, gérant de fonds chez Pioneer Investments, a salué « les bonnes initiatives » de la direction et précise que « Munich Re est l’une des sociétés financières pour lesquelles je pourrais mettre ma main au feu en ce qui concerne le subprime ». Déjà, la semaine dernière, Tim Dawson, chez Helvea, avait souligné le profil de « valeur refuge » du titre sur le secteur financier, appréciant la distance du groupe par rapport aux « produits financiers exotiques », à l’inverse de Swiss Re.

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