MSCI remet en cause le statut de marché développé de la Grèce

Le pays serait le tout premier à subir un déclassement en étant ramené dans la catégorie des marchés émergents par le fournisseur d’indices
Benoît Menou

MSCI a reconnu hier que la Bourse d’Athènes n’évoluait sans doute pas au sein de la bonne catégorie. Poids plume parmi les lourds, l’indice MSCI Greece ne représentait à fin mai que 0,03% de l’indice MSCI World, avec deux titres éligibles seulement, Coca-Cola Hellenic Bottling et Opap, la société de paris sportifs et de jeux de hasard.

Dans le cadre de sa revue annuelle de classification des marchés, le fournisseur d’indices a ainsi, trois semaines après avoir publié une note sur les implications pour ses indices d’une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, évoqué le possible déclassement du pays en tant que marché émergent. Cette punition serait une première pour MSCI, qui a accordé à Athènes le statut de marché développé en 2001 seulement.

Rien ne presse pourtant, le fournisseur d’indices ayant pour l’heure placé le pays sous surveillance pour une éventuelle sanction lors de la prochaine revue, en juin 2013. Le calendrier pourrait s’accélérer, par le biais d’une consultation publique auprès de la communauté financière pouvant conduire au statut de «marché isolé», si le pays devait instaurer des restrictions d’accès à son marché actions dans le sillage d’une sortie de l’euro.

MSCI souligne d’ores et déjà que l’indice local ne respecte plus de façon structurelle les exigences de taille des marchés développés. Si les capitalisations de deux valeurs de l’indice devaient continuer à se réduire comme peau de chagrin (les cours ont perdu 29% et 79% depuis 4 ans), MSCI «pourrait être contraint d’abandonner» sa publication.

Pis, MSCI assène qu’Athènes «est le seul» marché actions développé à interdire les transferts en nature et les transactions hors marché et au sein duquel les pratiques de prêt de titres et de vente à découvert restent peu répandues. De quoi agacer les acteurs du marché, d’autant que les autorités grecques «ne se sont pas montrées réceptives aux critiques répétées de la communauté financière internationale» et se montrent dès lors incapables de porter les règles et pratiques locales au niveau de standards mondiaux en évolution constante.

La Grèce n’a pas été l’unique victime de la revue de MSCI, qui a une nouvelle fois privé la Corée du Sud et Taïwan du statut de marchés développés et les Emirats arabes unis et le Qatar de celui de marchés émergents, cantonnant ces derniers au rang de «marchés frontières».

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