Moody’s s’inquiète pour les ABS de crédit à la consommation français

Dans un contexte économique dégradé, les acteurs du crédit à la consommation prêtent davantage à des personnes en contrat de travail temporaire
Solenn Poullennec

Moody’s appelle à la vigilance sur la qualité de crédit des opérations de titrisation adossées à des prêts à la consommation originés en France. Elle s’inquiète de l’impact du peu de croissance économique sur le secteur et fait valoir que de plus en plus de prêts sont accordés par les établissements de financement spécialisé à des emprunteurs en contrat à durée déterminée (CDD).

«Le principal facteur de risque affectant la performance des ABS de crédit à la consommation est le contexte de stagnation économique», écrivent les analystes de Moody’s dans une note publiée hier. Crise oblige, les particuliers consomment moins et le montant total des crédits à la consommation accordés dans l’Hexagone a baissé de 13,2% entre octobre 2007 et octobre 2013, à un peu plus de 44 milliards d’euros selon les chiffres de la Banque de France.

Cette mauvaise conjoncture et le haut niveau de chômage détériore la qualité de crédit des prêts et «explique la tendance à accorder des crédits à une base d’emprunteurs présentant un risque de crédit plus élevé». Selon l’agence «la plupart des acteurs du crédit à la consommation en France accordent désormais des prêts à des employés en contrat temporaire qui n'étaient pas éligibles à ces prêts auparavant». Et l’agence de mentionner les offres spécifiques de Cetelem (lancée en novembre 2011), de la Banque Postale, de Franfinance ou de Crédit Agricole Consumer Finance.

Ces prêts à des employés en CDD restant éligibles aux titrisations, ils «pourraient potentiellement détériorer la performance des structures récurrentes et à rechargement de Crédit Agricole Consumer Finance (dont les opérations sont baptisées Ginkgo) et de BNP Paribas Personal Finance (opérations Noria)», écrit l’agence de notation.

Toutefois, «on reste dans des niveaux de performance finalement assez bons», souligne Carole Gintz, analyste de l’agence. Par exemple, pour les opérations Ginkgo, les niveaux de défaut cumulés au bout de deux ans sont inférieurs à 3%. L’inquiétude est d’autant plus restreinte que la tendance à accorder des prêts à des employés en CDD «reste un phénomène limité» et les prêteurs se montrent plus gourmands avec les emprunteurs a priori moins solides. Par exemple, selon Moody’s, Cetelem leur propose des prêts à 8,9%. C’est environ 280 points de base plus cher que pour des emprunteurs en CDI.

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