Moody’s se met au diapason des nouvelles règles sur les covered bonds
Moody’s a réservé une bonne surprise au marché des «covered bonds» (CB) lors de la mise à jour la semaine dernière de sa méthode concernant le traitement qui leur est réservé dans son système de notation. A la suite de l’accord cadre trouvé par le trilogue le 12 décembre dernier sur la directive européenne de résolution bancaire, qui introduit notamment une clause de «bail-in» pour la dette non sécurisée mais pas pour les CB, Moody’s «tient désormais compte dans sa notation de l’importance du coussin de sécurité (actions préférentielles, dettes subordonnées et dettes seniore non sécurisées) qui offre une protection aux CB», comme l’indique Tullett Prebon.
C’est dans ce cadre que l’agence a modifié sa référence de calcul du risque de défaut des émetteurs en introduisant le concept de «point d’ancrage» qui se substitue à la notation fondée sur la dette sécurisée de l’émetteur. En fonction du poids des passifs de type «bail-in» pouvant participer au sauvetage d’une banque dans le total du bilan, la notation des émetteurs peut être relevée de zéro à deux crans. «Un émetteur peut donc renforcer la notation de ses CB auprès de Moody’s en émettant plus de dette senior non sécurisée. Les notes des CB demeurent toutefois limitées par la notation plafond pays pour chaque émetteur», ajoute Tullett Prebon.
La modification favorise les petites banques régionales des pays périphériques. Au total, 15 notes de CB ont été rehaussées, dont celles de Banca Carige, Banca Popolare di Milano, Bankinter, Commerzbank, SEB, Unicredit Bank Austria, ou Raiffeisenbank. «Une note supérieure va réduire les besoins de niveau de collatéral des CB et va également réduire le risque d’une dégradation du CB en cas de dégradation du rating de la dette senior», estime Gabriella Serres, analyste crédit chez Aurel BGC.
La performance des CB a dépassé celle des titres «senior» non sécurisés sur les neuf derniers mois de 35%. Après l’annonce, les prix des CB concernés par le rehaussement ont progressé de 30 à 40 pb, avec des hausses de 60 à 100 pb pour les programmes passés en catégorie AAA. Une situation qui ne devrait pas perdurer, «les principaux moteurs de cette performance (principalement réglementaires) étant aujourd’hui intégrés dans les cours», selon SG CIB. La banque met également en avant le renforcement de la dette non sécurisée pour les établissements qui réussiront la revue des actifs de la BCE.
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