Moody’s dénonce l’opacité du système financier dans son ensemble
L’incertitude sur les niveaux de risques financiers va s’exacerber avec le temps, estime Moody’s dans un rapport publié aujourd’hui. L’agence de notation explique en effet qu’il est devenu extrêmement délicat de déterminer les risques dans un environnement marqué par la complexité du système financier global et par le manque d’informations disponibles sur les acteurs financiers.
Une des principales raisons de ce manque d’information sur l’étendue des risques et sa localisation provient de l’innovation financière et de la grande complexité qui l’a accompagné. Pour Pierre Cailleteau, auteur du rapport, «l’innovation financière alliée à une opacité et un fort endettement génère généralement des situations explosives.» «Le souci est que, dans cet environnement marqué par une extrême complexité dans un système financier interdépendant, il est devenu difficile de savoir quel est le niveau d’information adéquate pour établir des standards raisonnables pour la gestion des risques.»
De ce fait, les problèmes auxquels doivent faire face les marchés financiers, déjà marqués par les importantes pertes dues aux produits structurés adossés aux crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis, sont exacerbés à cause justement de l’incertitude existant au sein des des institutions financières à propos du niveau de risque supporté par les investisseurs. Ainsi, après avoir été l’objet de nombreuses critiques, Moody’s rétorque que «le travail des agences de notations perçues comme un moyen d’élever le niveau d’information disponible est altéré du fait que les différentes parties, originateurs, prêteurs et intermédiaires financiers, ne militent pas pour plus de transparence.»
En outre, l’agence de notation pointe le rôle des régulateurs et législateurs qui ont toléré ce système comme un moyen de maximiser les risques. La conséquence immédiate de ce système financier complexe est qu’à intervalle régulier, des crises se succèderont. En contrepartie de cette difficulté accrue à évaluer les risques, les contreparties et les régulateurs devraient probablement demander davantage de protection face à ces risques.
Ainsi, pour l’agence de notation, «une des conséquences directe la crise actuelle des crédits à risque aux Etats-Unis est que les banques pourraient dans un avenir proche devoir renforcer le montant de leurs réserves obligatoires.»
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