Moody’s adapte sa méthodologie de notation des banques universelles
Moody’s a ajusté sa méthodologie de notation des banques universelles pour tirer les leçons de la crise et tenir mieux compte de la mutation du secteur. Dans ce cadre, les notes des établissements concernés seront placées sous revue, la majeure partie de ce processus devant être achevé d’ici à la fin du premier semestre de l’année. «Nous devrions incorporer nos opinions révisées sur le soutien de l’Europe après l’introduction du régime de résolution», précise Moody’s.
L’agence introduit de nouveaux critères, et notamment celui du «Loss Given Failure» (LGF) qui permet «d’évaluer l’impact de la faillite d’une banque sur différents types d’instruments de dette et de dépôts en l’absence de tout soutien» et fait une distinction entre les banques soumises au régime de résolution bancaire et les autres. Dans le cadre du LGF «classique», la note senior se situera au même niveau que l’évaluation du risque de crédit intrinsèque (BCA ajusté).
Pour les banques soumises au régime de résolution, ce nouveau critère tiendra compte du coussin de sécurité en cas de pertes dont bénéficie chaque type de créditeurs pour déterminer la notation. La perte estimée en cas de faillite, le montant de subordination et le volume de dette par type d’instruments sont les trois critères mis en avant par l’agence. Un critère de profil macroéconomique sera également introduit par l’agence dans son BCA. Il permettra de «mettre un accent plus important sur les pressions exercées sur le secteur qui sont un bon indicateur de la probabilité de faillite d’une banque», explique Moody’s. Enfin, l’agence ajoute également un critère d’estimation du risque de contrepartie.
«Cette nouvelle méthodologie réduira encore un peu le poids du soutien étatique dans les notations seniors et tiendra compte de la directive BRRD, qui sera mise en place début 2016», estime Tullett Prebon. Moody’s s’attend à un impact net globalement neutre sur les notes intrinsèques à l'échelle internationale, seuls environ 15% des BCA étant susceptibles d'être modifiées. «Concernant les banques européennes, les notes seniors ne devraient pas être impactées de manière importante : la baisse du support étatique dans la notation devrait être compensée par un taux de perte plus faible (meilleure protection des créanciers seniors grâce à la meilleure capacité d’absorption de pertes du capital)», estiment les analystes crédit de Kepler Chevreux.
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