Moody’s accentue la pression pesant sur les rendements espagnols
Moody’s jette de l’huile sur la braise ibérique. L’agence a décidé cette nuit à l’approche d’une réunion du G20 (lire page 2) censée clarifier les modalités du plan de soutien européen aux banques espagnoles de dégrader la note de l’Espagne de trois crans pour la reléguer à un cran seulement de la catégorie spéculative, soit Baa3. Une note également placée sous revue pour une possible nouvelle dégradation dans les trois prochains mois. La demande d’aide de l’Espagne à la zone euro de 100 milliards d’euros pour recapitaliser ses banques ne fera qu’alourdir la dette du pays, selon Moody’s qui prévoit que le ratio d’endettement atteigne 90% de son PIB à la fin de l’année.
Le rendement des obligations d’Etat espagnoles à 10 ans a atteint 6,75% hier, contre 5,1% à la fin de l’année dernière. Depuis l’annonce du plan européen le 9 juin dernier, les taux ont progressé de 50 points de base (pb). Et Moody’s d’insister sur les difficultés de financement du pays. «Le gouvernement espagnol a un accès très restreint aux marchés financiers» estime ainsi l’agence, qui souligne sa dépendance au FESF et au MES ainsi qu’à ses banques domestiques en tant qu’acheteurs principaux des obligations d’Etat. Des banques qui se financent auprès de la BCE pour acheter ces titres. «Une situation insoutenable», selon Moody’s.
C’est d’ailleurs la principale inquiétude de Madrid. Dans une lettre en date du 6 juin mais rendue publique hier destinée au président de la Commission européenne et de l’Union européenne, Mariano Rajoy estime que la zone euro «doit utiliser tous les instruments à sa disposition» pour lutter contre la hausse des rendements. Et de se tourner vers la BCE en ajoutant que «la seule institution qui détient la capacité d’assurer la stabilité et la liquidité actuellement nécessaire est la BCE». L’institution, qui détient encore 212 milliards d’euros d’obligations hérités des rachats d’obligations européennes effectués sur les marchés depuis mai 2010, a pourtant depuis laissé en sommeil pour la treizième semaine consécutive le programme SMP.
Un soutien de la BCE souhaité, alors que l’Allemagne se montre frileuse. «Dire que l’Allemagne doit assumer la dette de tous les Etats n’est pas de nature à rassurer les marchés» indique une source citée par le Financial Times. Et d’ajouter que «si nous disons que nous le faisons seuls, les marchés se rendront compte que nous ne le pouvons pas et la note de l’Allemagne sera dégradée ».
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