Monte dei Paschi di Siena ranime le marché italien des titrisations
Hermétique au regain de tension sur le risque souverain en Europe, le marché primaire de la titrisation a envoyé un signal encourageant avec le retour d’un émetteur italien. Originateur traditionnel avant la crise, Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS) a dévoilé la semaine dernière la préparation de Siena Mortgages7, un RMBS adossé à des prêts hypothécaires résidentiels italiens de qualité élevée (prime). Le premier pour un émetteur local depuis mi-2007. Hier, l’établissement transalpin a annoncé préparer également Casaforte Srl, un CMBS de 1,5 milliard d’euros adossé à un seul prêt immobilier commercial. BMPS songerait aussi à placer sur le marché 130 millions d’euros de dette mezzanine.
Le CMBS sera vendu aux clients particuliers de la banque. Le RMBS, lui, sera offert aux investisseurs institutionnels, la banque italienne prévoyant de placer deux tranches seniors A1 et A2 d’une durée de vie pondérée de 1,58 et 3,5 ans respectivement. Toutefois, leur montant n’a pas été fixé, la banque n’ayant pas achevé sa présentation marketing avec les investisseurs. A titre indicatif, Moody’s a provisoirement noté les deux tranches «AAA» pour un montant respectif de 598,5 et 800,2 millions d’euros. Les dates de remboursement anticipé de novembre 2012 et novembre 2015 sont proposées, tandis que l’émetteur dispose d’une option d’achat de cinq ans après émission. Siena Mortgages 7 devrait aussi inclure trois autres tranches (A3, B et C) qui, elles, en revanche, ne seront pas offertes aux investisseurs mais retenues au bilan de l’émetteur.
«Les investisseurs désespéraient de trouver de la diversité», souligne Barclays. Au bout du compte, avec le RMBS italien, ceux-ci «ont désormais quelque chose de nouveau à étudier». Depuis sa réouverture à l’automne 2009, l’activité primaire est portée essentiellement sur les RMBS britanniques et néerlandais et les ABS (titres adossés à des actifs) de crédits automobiles allemands. Et jusqu’à présent, d’après Deutsche Bank, les émetteurs privilégiaient d’abord des canaux de financement moins onéreux comme les obligations sécurisées ou la dette senior non sécurisée, reléguant au second plan les RMBS, une source de financement clé pour les banques italiennes avant la crise. Le fait que Monte Paschi vienne tester les compartiments des RMBS et des CMBS indique que les titrisations italiennes ont retrouvé un sens économique.
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