MIF 2 pourrait être le catalyseur d’une «révolution» dans la gestion d’actifs

A l’occasion de son bilan annuel sur l’asset management, le cabinet Deloitte est revenu sur les grandes évolutions attendues pour le secteur.
Fabrice Anselmi

Après une année 2014 record pour la gestion d’actifs en Europe, le cabinet Deloitte estime que la nécessité d’élargir les zones de chalandise et les évolutions structurelles en matière de distribution pourraient faciliter la concentration sur ce marché très atomisé. On l’a vu récemment avec quelques opérations marquantes de rachat, comme Fédéris Gestion d’actifs par LBPAM, DNCA par Natixis ou Meriten par Oddo AM.

«Plus généralement, les planètes s’alignent pour ce qu’on pourrait appeler une révolution, estime Pascal Koenig, associé en charge de l’asset management. Nous voyons éclore une nouvelle génération d’épargnants, avec de nouveaux comportements de consommation : internet, réseaux sociaux, besoin de transparence, de partage d’expériences, etc. Deuxièmement, la préparation de la retraite constitue souvent une priorité, les jeunes épargnants étant très conscients des enjeux même si ceux-ci ne sont pas encore monétisés. Ces deux facteurs devraient se conjuguer pour faire place à une distribution non intermédiée, voire à l’émergence de nouveaux acteurs via des plates-formes électroniques (robo-advisors).»

Ces plates-formes se sont déjà développées, notamment au Royaume-Uni avec Nutmeg et Hargreaves Landsdown par exemple. Certaines commencent à devenir rentables, les investisseurs semblant prêts à payer pour un minimum de conseil.

«En parallèle, les sociétés de gestion doivent à la fois intégrer les évolutions technologiques et marketing leur permettant d’apporter une réponse en matière de relation clients et d’adapter leurs produits aux besoins nouveaux, poursuit le consultant. Et les gestions évoluent : plus passives et ‘bon marché’ - les ETF sont d’ailleurs les produits les plus utilisés sur les plates-formes BtoC précitées - ou plus actives et flexibles.»

En encadrant davantage les commissions de distribution (interdites pour le conseil «indépendant») et en imposant de nouvelles normes en matière d’information et de relation client, la directive MIF 2 devrait être un catalyseur de ces évolutions à partir de 2017 (même si la directive IMD II sur l’intermédiation en assurance sera plus déterminante en France). «Avec deux scénarios possibles : le maintien d’un modèle B2B (producteur-distributeur) avec de nouveaux entrants et une évolution du mode de rémunération ; ou le déploiement d’un modèle B2C et l’opportunité d’une reprise des fonctions de distribution/conseil en allocation par le producteur», estime Pascal Koenig.

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