Mario Monti met la pression sur l’Allemagne à la veille de la réunion de la BCE

Le président du Conseil italien a estimé hier que l’octroi d’une licence bancaire au Mécanisme européen de stabilité «arrivera en temps utile»
Patrick Aussannaire

Mario Monti profite de la crise pour mettre la pression sur l’Allemagne. Le président du Conseil italien a estimé hier que le Mécanisme européen de stabilité (MES), nouveau fonds de sauvetage de la zone euro qui succède au FESF, finira par se voir attribuer une licence bancaire afin de disposer d’une capacité d’intervention suffisante pour surmonter la crise de la dette souveraine au sein du bloc. «Je pense que cela arrivera en temps utile», a-t-il ainsi indiqué.

Attribuer une licence bancaire aux 500 milliards d’euros prévus dans le fonds permanent permettrait d’accroître ses ressources dans la mesure où elle donnerait accès aux prêts octroyés par la BCE dans le but de racheter les obligations des pays périphériques de la zone. Une solution pourtant une nouvelle fois rejeté par Berlin. «Une licence bancaire pour le fonds de soutien MES n’est absolument pas notre credo», a rappelé hier le porte-parole du gouvernement allemand, Georg Streiter.

Le président du Conseil italien, a également estimé que les propos tenus la semaine dernière par le président de la BCE, Mario Draghi, étaient «audacieux et appropriés». Mario Draghi a suscité de fortes attentes sur une initiative de la BCE pour enrayer la crise de la zone euro en déclarant la semaine dernière que l’institution monétaire était prête à faire tout ce qu’il faudrait dans les limites de son mandat pour préserver l’euro.

Des espoirs qui pourraient bien être déçus demain lors de la réunion de la BCE, selon Barclays. Si la banque estime que «la BCE fera tout ce qui lui est possible (de faire)pour éviter un scénario catastrophe», elle pense que «les espoirs d’une concrétisation des déclarations de Mario Draghi dès cette semaine seront certainement déçus.» BNP Paribas estime, elle, que «les attentes ont été fixées à un niveau tellement élevé, suite aux propos de Mario Draghi, qu’il semble que la BCE ne soit pas capable d’y répondre, à moins d’une évolution politique en Espagne, en particulier, et très rapidement.»

A ce sujet, la directrice générale du FMI a semblé écarter l’hypothèse d’un programme de sauvetage global de l’Espagne, estimant que le FMI ne pourrait «pas demander beaucoup plus» que le plan d'économies de 65 milliards d’euros annoncé début juillet par Madrid. Et Christine Lagarde d’ajouter que des «marges de manœuvres» existaient en Europe s’agissant de la politique monétaire.

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