Mario Draghi renvoie le gouvernement grec à ses responsabilités
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a mis le nouveau gouvernement grec devant ses responsabilités, en arguant, lors de sa conférence de presse hier, que l’institution faisait déjà tout ce qui était en son pouvoir pour soutenir le pays.
La BCE a doublé le montant qu’elle prêtait aux banques grecques au cours des deux derniers mois pour le porter jusqu'à 100 milliards d’euros, soit à 68% du PIB grec. Le conseil des gouverneurs de la BCE a de nouveau augmenté le montant de liquidités disponibles, dans le cadre de la facilité d’urgence (ELA) qui permet aux banques de se refinancer auprès de leur banque centrale nationale, à défaut de pouvoir le faire auprès de la BCE. «La dernière chose que l’on peut dire c’est que la BCE ne soutient pas la Grèce», a souligné Mario Draghi.
Interrogé sur le fait de savoir si la BCE était prête à reprendre directement des titres grecs en collatéral, Mario Draghi a souligné que la BCE était impatiente de le faire mais que ce n’était possible que si la Grèce respectait son programme. Et d’insister sur le fait que c’est le nouveau gouvernement grec lui-même qui a déclaré en février qu’il ne suivrait pas le programme négocié par ses prédécesseurs : il n’a pas laissé d’autre choix à la BCE que de revenir sur la dérogation qui lui permettait d’accepter des titres grecs en collatéral alors que ceux-ci ne sont pas notés en catégorie d’investissement.
Alors que le nouveau gouvernement grec a mené des négociations très musclées avec ses bailleurs de fonds européens avant de se résoudre à demander une extension du programme d’aide, Mario Draghi a insisté sur le fait que «la communication est essentielle». «Si une certaine communication crée de la volatilité sur les marchés, elle peut détruire le collatéral, augmenter les spreads (…) et nuire à la solvabilité du système bancaire». Or, si les banques devenaient insolvables, elles ne pourraient plus bénéficier de l’ELA.
Il n’est pas question pour la BCE de relever le plafond de billets de trésorerie que la Grèce peut émettre. «La BCE est une institution qui se conforme à des règles», a martelé plusieurs fois Mario Draghi, «ce n’est pas une institution politique». A ses yeux, augmenter le montant maximum des billets de trésorerie que la Grèce peut émettre reviendrait pour la banque centrale à faire du financement monétaire indirect. Enfin, le président de la BCE a rappelé que la Grèce ne devrait pouvoir bénéficier du QE qu’à partir de cet été.
Plus d'articles du même thème
-
Le secteur privé en zone euro peut encore éviter la panne
Les nouvelles difficultés liées à la guerre ont fortement assombri les perspectives économiques, selon les enquêtes sur le climat des affaires. Cependant, l’industrie amortit le choc constaté sur la demande intérieure, et cela pourrait durer encore un peu. -
La finance française s'organise pour peser sur le débat présidentiel autour de la retraite par capitalisation
Chercheurs, investisseurs institutionnels, gérants et acteurs de l'épargne salariale se sont réunis le 22 avril 2026 lors d'un colloque organisé par la chaire Transitions Démographiques Transitions Economiques pour présenter un front commun en faveur d'une dose de capitalisation dans le système de retraites français, à un an de l'élection présidentielle. -
Les devises ne succombent pas encore à l’euphorie des marchés
Un certain nombre de devises se sont reprises depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, l’Israël et l’Iran le 8 avril, mais très peu sont vraiment revenues à leur niveau d’avant-guerre. -
Les fonds ne peuvent plus ignorer l'IA et la cybersécurité dans leurs opérations de M&A
Lors de l'acquisition d'une société, les groupes de capital investissement doivent désormais prendre en compte les risques liés à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité en réalisant des audits appropriés et en mettant en place des clauses contractuelles sur mesure, estiment dans une tribune Clara Hainsdorf et Guillaume Vitrich, avocats associés chez White & Case. -
La dette émergente corporate joue les actifs refuges
Ce segment du marché a été le plus résilient dans la dette émergente et dans la plupart des actifs risqués depuis le début du conflit en Iran. -
Sophie Kurinckx-Leclerc : «Banijay conserve de la flexibilité pour des opportunités de M&A»
En quelques mois, le spécialiste du divertissement a annoncé deux acquisitions majeures. La directrice financière de Banijay, Sophie Kurinckx-Leclerc, détaille l’impact de ces opérations sur les activités et les finances de l’entreprise.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie