Mario Draghi lance un appel à la recapitalisation des banques

La BCE veut centraliser les décisions de recapitalisation pour les dépolitiser. En revanche, elle n’interviendra pas directement au capital
Florence Autret, à Bruxelles

Le président de la Banque centrale européenne met tout son poids dans la balance pour la recapitalisation et la restructuration du secteur bancaire en Europe, établissant un lien direct entre la contagion de la crise souveraine dans la zone euro et la mise en place d’une stratégie de croissance, d’un côté, et cet assainissement bancaire de l’autre. «Je réitère mon appel» à «toutes les autorités nationales et européennes (...) à agir et à le faire à l’unisson, avec rapidité, ambition et un engagement total pour sauvegarder la stabilité financière», a lancé Mario Draghi au cours d’une audition en sa qualité de président du Comité européen du risque systémique.

Mario Draghi s’en est pris à mots couverts à la manière dont Madrid et la Banque d’Espagne, mais aussi les autorités belges, ont opéré jusqu'à présent : «Ce que Dexia et Bankia montrent» est que «lorsqu’on est confronté à un besoin dramatique de recapitalisation, les gouvernements sous-estiment (la gravité de) la situation», ce qui les amènent à opérer plusieurs recapitalisations successives. «C’est la pire manière de procéder», a-t-il dit.

Il a rappelé qu’une union bancaire, indispensable pour «donner de la substance» au renforcement de l’union économique et monétaire, devrait reposer sur trois piliers : fonds européen de garantie des dépôts, fonds européen de résolution en cas de crise et enfin supervision plus intégrée. A cet égard, il a appelé à plus de «centralisation» des décisions. «La communication sur certains besoins de recapitalisation est plus facile à gérer si la décision est plus centralisée», a-t-il expliqué. Et d’ajouter que cela visait particulièrement les banques systémiques, qui ne sont pas forcément transfrontalières, à l’exemple de Bankia.

Le président de la BCE a enfin laissé entendre que l’union bancaire, désormais sur le métier, méritait d'être mise sur pied dans la zone euro et non au niveau des Vingt-Sept. «C’est le problème de l’union monétaire et de l’euro, pas de l’Union européenne », a-t-il indiqué. Il a exclu une action directe de la BCE pour pallier les problèmes de capitalisation. «La BCE continuera à prêter aux banques solvables», a-t-il dit, remarquant que la recapitalisation des banques grecques, désormais achevée, leur avait rouvert les guichets de l’institut d'émission. «Nous éviterons les bank runs au moyen de banques solvables», a-t-il ajouté.

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