Marchés actions : dernier rebond avant une correction substantielle ?
Il convient en cette rentrée de s’interroger sur l’orientation que prendront les marchés actions une fois la période d’hésitation actuelle terminée: sortie par le haut ou sortie par le bas ? Nous penchons clairement pour la seconde hypothèse.
Car une fois passés les effets d’annonce positifs provoqués par l’approche nouvelle de la politique monétaire européenne (dont l’impact sera d’ailleurs bien moins important qu’ailleurs, ce comportement plus «market friendly» ayant déjà été relativement bien intégré dans les cours boursiers du Vieux continent), les investisseurs prendront pleinement conscience de la réalité: les politiques économiques et monétaires mises en place depuis plus de cinq ans maintenant ne permettront pas de lutter contre les pressions déflationnistes perceptibles partout dans les pays riches (la faute au vieillissement prononcé de l’ensemble des pays industrialisés) et donc de retrouver des rythmes de croissance suffisants pour légitimer les niveaux de valorisation actuels.
Dans ce cadre, après plusieurs mois d’oscillations, c’est bien vers une sortie par le bas que les marchés actions devraient s’orienter, concomitamment à des taux durablement proches de zéro (conséquence de la faiblesse structurelle de la demande finale) et des prix des matières premières évoluant au ralenti (conséquence du tassement en cours de la croissance dans les pays émergents). Il convient donc de se préparer dans un horizon de moyen terme à la fin du bull market qu’ont connu les marchés actions américains depuis mars 2011 (+83%) et européens depuis l’été 2012 (+77%, le point haut ayant probablement été atteint début juin).
A plus court terme, après le récent rebond des Bourses européennes (+8,5% en août après -10,1% au cours des deux mois précédents) et la poursuite de la hausse des actifs risqués américains et émergents (respectivement +15% et +19,5% sans respiration d’au moins -5%), notre analyse historique des marchés nous pousse là aussi à redevenir prudents pour les semaines à venir. Et ce dans un contexte économique incertain où les déceptions semblent vouées à succéder systématiquement aux espoirs suscités par quelques bons chiffres macroéconomiques.
Historiquement, la durée de la hausse sur les marchés américains nous indique ainsi que celle-ci touche à son terme, la probabilité de poursuite de la hausse du S&P 500 au-delà de 156 jours n’étant plus que de 6%...
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