Man Group craint l’aversion pour le risque malgré le rebond de son activité
La chute des Bourses et la fébrilité sur les taux inquiètent Man Group. Les marchés «imprévisibles» pourraient détourner les investisseurs des actifs risqués tels que les fonds alternatifs, a estimé hier Man Group, à l’occasion de la présentation de ses résultats du troisième trimestre. «Ce qui m’inquiète, c’est que les gens décident que les actifs risqués, indépendamment de leur performance, pourraient être un placement périlleux», a déclaré Manny Roman, directeur général du plus gros hedge fund coté.
Ces propos prudents contrastent avec la très bonne facture de ses résultats au troisième trimestre. Le groupe britannique de gestion alternative a vu ses encours croître de 25%, à 72,3 milliards de dollars (56,4 milliards d’euros) grâce aux 16,2 milliards de dollars apportés par l’acquisition de deux sociétés américaines: le hedge fund quantitatif Numeric et le fonds de fonds de crédit Pine Grove. La croissance externe permet de contrebalancer un effet de change négatif (-2,9 milliards de dollars) lié à l’appréciation du dollar et compensé en partie seulement par la collecte et la performance des produits (+1,3 milliard). Man Group a aussi enregistré 400 millions de dollars de flux nets au cours de ce cinquième trimestre de collecte positive, qui efface un peu plus le souvenir des années noires de 2011 et 2012.
Ses stratégies ont cependant connu des fortunes diverses. Sa gestion quantitative sous marque AHL (12,5 milliards de dollars d’actifs) a décroché un gros mandat en Asie et affiche ses meilleures performances des trois dernières années. En revanche, les actifs des fonds discrétionnaires de GLG ont reculé de 9% à 16,3 milliards de dollars, en raison d’effets de change négatifs et de sorties d’investisseurs. Ces mouvements de balancier confortent la politique de diversification de Man Group, qui profite aussi de l’appétit pour ses fonds long only (gestion traditionnelle).
La société a gagné jusqu’à 8% en Bourse hier. Depuis le début de l’année, son cours a progressé de 32% et sa capitalisation boursière atteint désormais 2 milliards de livres (2,5 milliards d’euros). Man Group a toutefois perdu près des deux tiers de sa valeur depuis 2010 et reste très loin de son niveau le plus haut, atteint en 2007.
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