Sur fond d’une chute de 9,5% des actifs en trois mois, le gestionnaire alternatif renforce son programme de réduction des charges
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Benoît Menou
Man Group, le plus important gestionnaire alternatif coté au monde, ne parvient toujours pas à rassurer des clients ballotés dans un environnement financier chahuté. Le groupe britannique a publié hier des chiffres préliminaires dans le rouge en termes de collecte. Sur trois mois à fin décembre, le montant des actifs sous gestion a chuté de 9,5% à 58,4 milliards de dollars. Sur les neuf premiers mois de l’exercice au 31 mars, la baisse atteint 15,5%.
Si l’impact négatif des performances de gestion n’est pas neutre, il reste bien limité face aux sorties d’actifs. Sur le trimestre écoulé, la décollecte nette s’élève en effet à 2,5 milliards de dollars (3,1 milliards de souscriptions pour 5,6 de sorties). Le solde de la collecte sur l’exercice est ainsi passé en territoire négatif, à hauteur de 1,5 milliard sur neuf mois. En parallèle, les commissions de gestion variables, basées sur la performance des fonds, s’effondrent à 35 millions sur neuf mois contre 169 millions sur l’ensemble du précédent exercice.
Pour autant, après que le titre a perdu plus du tiers de sa valeur sur les trois derniers mois, il a rebondi hier à Londres (+4,86% à 112,30 pence). Certes comme l’a souligné Numis Securities, le rendement ressort à 13%, sans compter l’hypothèse de l’annonce dans deux mois d’un dividende spécial. Mais les opérateurs ont tout autant été sensibles au renforcement du programme d’économies de coûts dévoilé par le gestionnaire britannique. Aux 40 millions de dollars initialement visés s’ajoutent des mesures pour 75 millions, dont 50 millions devront être mis en œuvre en 2012.
Le directeur général Peter Clarke a assuré que des réductions de salaires et d’effectifs figurent au menu, sans plus de détails pour l’heure. Pour l’analyste Daniel Garrod chez Barclays Capital, ces coupes devraient particulièrement toucher les gérants de GLG Partners, le gestionnaire acquis en 2010 et dont l’intégration est désormais achevée. Man Group a d’ailleurs annoncé hier le transfert en tant que président non-exécutif des activités aux Etats-Unis de Noam Gottesman, co-fondateur et co-directeur général de GLG Partners.
Peter Clarke veut croire que les efforts déployés, associés à des liquidités disponibles de 3,2 milliards, permettront à Man Group de se trouver en position favorable «lorsque la demande des investisseurs s’améliorera».
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