Malgré l’ampleur des déficits, le dollar est la valeur refuge de cette phase de crise
Michael Soued, directeur du pôle taux & devises chez State Street Global Advisors France
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Tân Le Quang
L’Agefi: Le phénomène de «carry trade» qui a longtemps pesé sur le yen est-il réellement achevé ?
Michael Soued: Au dernier trimestre de l’année 2008, les investisseurs internationaux ont réduit brutalement les positions à levier contre yen et ont rapatrié leurs capitaux en devise locale pendant que l’aversion pour le risque s’intensifiait. Alors que la plupart des autres banques centrales du G10 s’approchent graduellement de la politique de taux zéro, l’attractivité des «carry trade» s’amenuise, ce qui a graduellement renforcé le yen jusqu’à fin janvier 2009. Dès lors, l’économie a rattrappé la mécanique de marché et le yen s’est effondré de 9% en février à la mesure de la récession nippone. La Banque du Japon a décidé de maintenir son taux d’intervention à 0,10% et programme maintenant des injections de liquidité notamment par le rachat de JGB, les titres d’Etat.
Le billet vert restera-t-il une valeur refuge ces six prochains mois au détriment del’euro?
Malgré l’ampleur des déficits, le dollar est sans conteste la valeur refuge de cette phase de crise. L’Amérique semble en effet plus avancée dans le cycle de reflation. En parallèle, les autres pays du G10 voient leur économie sombrer dans la récession et en premier lieu l’Allemagne et le Japon qui voient leurs exportations et commandes industrielles plonger. Notre modèle tend à présent à repondérer progressivement le dollar contre euro et yen, ce qui est confirmé par l’impression «tactique» que l’apaisement récent et l’impact de l’assouplissement quantitatif seront de courte durée et offriront des points d’entrée. Notre analyse contre euro est restreinte à un horizon court (3 mois) avec un objectif de parité plancher à 1,25.
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