Madrid lance un ambitieux plan national de réformes structurelles

Aides aux entrepreneurs, libéralisation de secteurs stratégiques et réformes des organismes de supervision sont au menu
Isabelle Birambaux, à Madrid

Le ministre espagnol de l’Economie Luis de Guindos a tenu ses promesses. Il y a deux semaines, lors d’une réunion avec l’Eurogroupe à Chypre, il s’était engagé à remettre à Bruxelles un plan national de réformes. Parallèlement aux économies annoncées hier lors de la présentation du budget 2013, 43 nouvelles lois seront adoptées dans les six prochains mois pour atteindre les objectifs de déficit pour 2013 et relancer l’économie espagnole, a souligné Soroya Saenz de Santamaria, la porte-parole du gouvernement.

Bruxelles a applaudi l’exécutif espagnol pour cet ambitieux plan de réformes qui va bien au delà de certaines de ses recommandations. Selon Olli Rehn, commissaire européen aux affaires économiques, le paquet de mesures envisagées par Madrid «constitue un pas important pour approfondir les réformes structurelles et complètent les importants progrès déjà réalisés», notamment en termes de flexibilisation du marché du travail.

Priorité de ce vaste chantier : améliorer la compétitivité du pays. Soroya Saenz de Santamaría a souligné qu’ainsi seront respectées les recommandations de Bruxelles en matière de libération de secteurs stratégiques, tels que l’énergie, les services et les télécommunications. Une série de changements sont prévus dans le fonctionnement des organismes de supervision et de régulation des secteurs clés.

Parmi les mesures phares, l’adoption d’une nouvelle loi pour un marché unique, qui entrera en vigueur dès le premier trimestre 2013. Cette loi, destinée à éliminer certains obstacles bureaucratiques, vise à homogénéiser les normes actuelles afin «que n’importe quel entrepreneur puisse prêter ses services n’importe où en Espagne», souligne Luis de Guindos.

Entre janvier et mars 2013, le gouvernement souhaite mettre en place un programme pour les entrepreneurs, afin de les aider à obtenir leur licence, éliminer les obstacles administratifs pour démarrer et fermer leur établissement et trouver des financements grâce à la création d’un marché alternatif boursier.

Dans le secteur public, le mot d’ordre reste celui de l’austérité. Les salaires des fonctionnaires continueront à être gelés pour la troisième année consécutive tandis que la manne de l’embauche publique sera ferméecar les concours pour accéder à la fonction publique seront paralysés.

De nouveaux éléments pourraient être révélés samedi avant que le projet budgétaire ne soit transmis au Parlement.

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