Madrid contraint d’appeler à l’aide lundi

Christine Lagarde a plaidé pour une recapitalisation directe immédiate par un Fonds européen
Florence Autret, à Bruxelles
Luis de Guindos, le ministre espagnol de l'économie à son arrivée à Luxembourg, le 21 juin 2012. Source: CUE
Luis de Guindos, le ministre espagnol de l'économie à son arrivée à Luxembourg, le 21 juin 2012. Source: CUE  - 

Ses homologues ont posé hier un ultimatum au ministre espagnol des finances Luis de Guindos. « Nous avons demandé à l’Espagne de faire sa demande formelle (d’aide européenne à la recapitalisation de son secteur bancaire) lundi », a dit le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker à l’issue de la réunion. Les besoins espagnols sont désormais évalués à « 51 à 61 milliards d’euros ». Mais le montant précis ne sera connu qu’« à la fin des négociations du MoU », le Memorandum of understanding qui déterminera les conditions de l’aide.

La demande espagnole donnera le signal de départ d’une mission commune de la Commission et de la Banque centrale européennes, appuyées par le Fonds monétaire international. Madrid, qui aurait aimé obtenir d’abord le principe d’une recapitalisation directe de ses banques par le Fonds européen de stabilité, sans impact sur l’endettement public national, a cherché à retarder ce moment. En vain. Mais hier à Luxembourg, la directrice générale du FMI a plaidé à nouveau en faveur de cette option également défendue par la France mais repoussée par Berlin et La Haye. Christine Lagarde a estimé que «la recapitalisation des banques les plus faibles directement par le FESF ou le MES sans passer par le souverain» faisait partie des «mesures immédiates» à prendre pour «ramener de la confiance dans le système».

Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol, retrouve aujourd’hui à Rome son homologue italien Mario Monti, la chancelière allemande Angela Merkel et le président François Hollande pour un sommet informel. Le calendrier et les modalités de déblocage de l’aide restent imprécis. Ce sera «d’abord le Fonds européen de stabilité» (FESF) qui devrait financer le programme espagnol lequel sera ensuite «transféré au Mécanisme européen de stabilité» (MES) quand celui-ci sera opérationnel. «Si le MES était disponible à temps, on commencerait directement avec lui», a dit hier soir Jean-Claude Juncker. Tout dépend combien de temps prendra la négociation du MoU, d’un côté, et comment progressera la mise en œuvre de le MES, de l’autre. Les besoins précis de chaque établissement, en cours d’évaluation par des cabinets d’audit, ne seront précisément connus qu’en septembre, mais des «résultats préliminaires» devraient être disponibles fin juillet.

Jeudi, à Berlin, alors que la coalition emmenée par Angela Merkel venait de trouver un accord avec l’opposition sur la ratification du traité créant le MES, le Tribunal constitutionnel a demandé de disposer de «suffisamment de temps» pour juger de la constitutionnalité du traité, sans préciser combien. Ce délai, de quelques jours ou de plusieurs semaines, pourrait amener à repousser le début de l’activité du MES prévue originellement le 9 juillet avec une première réunion du conseil des gouverneurs,qui sont les ministres des finances de la zone euro, en marge d’un Eurogroupe à Bruxelles.

Klaus Regling a indiqué hier que le FESF, dont il est directeur général, était prêt à commencer la recapitalisation des banques espagnoles «sans aller sur le marché» mais, comme pour les banques grecques, «en utilisant ses propres obligations». Par ailleurs, les négociations se poursuivent tous azimuts en vue du sommet des 27 et 28 juin au sujet des unions bancaire et fiscale défendues respectivement par Paris et Berlin. «Il faudra que chacun fasse un pas vers l’autre», a admis le ministre des finances français Pierre Moscovici.

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