L’Union européenne reste timide face à l’ampleur de ses problèmes
Bruxelles botte en touche. La Commission européenne a décidé vendredi de se laisser quatre mois de plus, jusqu’à début mars 2015, pour juger des budgets de sept pays européens, dont la France, l’Italie et l’Espagne, et décider d’éventuelles sanctions. Le terme d’une semaine riche en actualités institutionnelles dans l’Union européenne, mais qui laisse un sentiment mitigé sur la capacité de la région à engager les actions qui lui permettraient de renouer avec la croissance.
Le recul des taux à 10 ans en zone euro vers de nouveaux records historiques, reflet des espoirs d’un QE de la BCE, l’illustre.
Côté réformes structurelles, au cœur de l’appréciation de la Commission européenne sur les budgets, le délai de quatre mois accordé vendredi laisse surtout à Paris et Berlin le temps de trouver un arbitrage politique. La France sera jugée début mars sur son exécution budgétaire 2014, son budget 2015 tel qu’il aura été voté et «la documentation détaillée que nous attendons encore» des programmes de réformes, a souligné Pierre Moscovici, le commissaire en charge des Affaires économiques. Elle va donc devoir convaincre Berlin que le projet de loi Macron, présenté le 10 décembre, est assez ambitieux pour donner l’impression que le pays a pris sa juste part des efforts demandés.
Ces tergiversations font écho à la parution la semaine dernière du énième catalogue de réformes à engager en France et en Allemagne. Le rapport Pisani-Ferry/Enderlein, remis le 27 novembre, a été reçu poliment par les ministres des finances français et allemand, qui ont exclu d’en appliquer les mesures les plus marquantes, comme une hausse de l’investissement outre-Rhin et une refonte du Smic dans l’Hexagone. «La France et l’Allemagne passent beaucoup de temps à élaborer des déclarations et des initiatives communes. Il nous faut de l’action», ont rappelé, de manière prémonitoire, les économistes Jean Pisany-Ferry et Henrik Enderlein.
De l’action, le plan Juncker pour la relance de l’investissement en Europe en propose. Mais assis sur seulement 21 milliards d’euros de fonds européens existants, censés permettre de déployer 315 milliards grâce à l’effet de levier, il suscite le scepticisme. Selon l’institut Bruegel, l’Europe a besoin de 260 milliards d’euros d’investissement par an. «Compte tenu de sa taille limitée, de son levier et du manque d’argent frais, ce plan ressemble à une sarbacane, pas à un bazooka», note Alberto Gallo, stratégiste chez RBS.
Plus d'articles du même thème
-
Peugeot Invest fait le ménage dans son portefeuille
La holding familiale va céder sa participation de 19,8% dans Immobilière Dassault au Groupe Industriel Marcel Dassault (GIMD) pour 75 millions d’euros, avec une décote de 6%. Du fait de ce rachat, Immobilière Dassault va perdre son statut de SIIC. -
Archimed s'associe à la Caisse pour racheter Stago, leader mondial de l'hémostase
Le spécialiste lyonnais de la santé a bouclé l'acquisition du groupe francilien auprès de la famille fondatrice, aux côtés de l'institutionnel canadien. Dixième investissement du fonds MED Platform, l'opération valoriserait Stago plus de 1 milliard d'euros. -
Mizuho va distribuer au Japon une stratégie de Brookfield sur les actifs réels alternatifs
La stratégie Brookfield Infrastructure Income, lancée en 2023, totalisait plus de 8 milliards de dollars d’encours en février 2026. -
Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
Une association regroupant plusieurs porteurs de CCI cotés vient d’entamer une campagne à destination des administrateurs des treize caisses régionales émettrices de ces titres cotés, jugés trop peu valorisés en Bourse. Elle espère les convaincre de l’intérêt d’un retrait de la cote. -
Swen Capital Partners co-investit dans Relevi via son fonds Rise
A travers ce véhicule de co-investissement, Swen signe une neuvième opération aux côtés d'Argos Climate Action, qui a pris le contrôle majoritaire de l'entreprise italienne. -
DWS collecte 11 milliards d’euros au premier trimestre 2026
La société de gestion allemande atteint un nouveau record d’encours et maintient ses perspectives.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
A mi-parcoursFrance 2030 : les limites d'un plan de « subventions pures »
Voulu par Emmanuel Macron, France 2030 marque une inflexion dans la manière dont l'Etat met en œuvre l'investissement public d'avenir -
ControversiaEn Italie, une grâce controversée embarrasse Meloni et le Quirinal
Le cas Minetti s’inscrit enfin dans un climat déjà tendu entre Mattarella et le gouvernement -
SaléBerlin passe à son tour à la taxe sur le sucre pour renflouer son système de santé
Le prélèvement, dont les contours doivent encore être précisés, doit entrer en vigueur en 2028