L’Union européenne pourrait frapper l’économie russe au cœur
L’Union européenne s’apprête à sonner la fin de la récréation. Un document de travail de la Commission, consulté par diverses sources dont le Financial Times, met en effet en avant des propositions de sanctions à l’encontre de Moscou pour son comportement dans la crise ukrainienne autrement plus dangereuses pour l’économie russe que ne le sont celles déjà adoptées et concernant particulièrement le gel d’actifs ou le rejet de visas d’oligarques russes.
Les nouvelles mesures envisagées par Bruxelles, qui doivent être avalisée par les chefs d’Etat de l’Union, pourraient toucher au cœur un moteur économique russe déjà souffreteux.
Il s’agirait notamment d’interdire aux investisseurs européens d’acquérir, tant sur le marché primaire que secondaire, toute action ou obligation (et tout titre d’une maturité de plus de 90 jours) émis par une banque russe dont l’Etat détient la majorité du capital, Sberbank et VTB en tête. Ces établissements «contrôlent de fait la majorité des actifs» du secteur bancaire local, rappelle BNP Paribas. L’Union pourrait par ailleurs interdire toute nouvelle cotation ou émission de titres sur les Bourses européennes. Le document de la Commission évalue à 16,4 milliards de dollars entre 2004 et 2012 le montant de capitaux levés par les banques russes concernées lors d’IPO en Europe. Et en 2013, près de la moitié de leurs nouvelles obligations (15,8 milliards) ont été placées auprès d’investisseurs européens. Les Etats-Unis ont pris la semaine dernière des sanctions similaires pour le financement en dollar de deux banques, Gazprombank et VEB.
L’Union pourrait également imposer un embargo sur l’exportation de technologies dans la défense (le sort du contrat français signé en 2011 portant sur des porte-hélicoptères Mistral ne serait pas encore scellé) ou l'énergie.
Le calendrier de la manœuvre reste bien incertain, après la réunion hier à Bruxelles de diplomates des 28 Etats. La Commission a indiqué qu’aucune nouvelle sanction ne pourrait être adoptée avant la semaine prochaine. Certains pays comme l’Allemagne (principal partenaire commercial de Moscou) pressant le pas, le Conseil européen prévu le 30 août semble une échéance bien lointaine, une réunion extraordinaire des chefs d’Etat pouvant être convoquée dans l’intervalle.
Les mesures adoptées ne seraient toutefois pas applicables immédiatement, l’Union devant laisser à Moscou l’occasion de faire la preuve concrète de sa bonne volonté pour apaiser la situation ukrainienne.
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