L’UE renforce son arsenal contre le blanchiment d’argent
Les représentants des 28 Etats membres de l’UE ont formellement endossé hier un compromis informel conclu fin mai avec le Parlement européen. Le texte, qui nécessite encore un dernier vote du Parlement, constituera la première directive européenne relative aux sanctions applicables aux personnes reconnues coupables de blanchiment d’argent.
Le texte, proposé fin 2016 par la Commission européenne, vise à assurer une harmonisation a minima de cette infraction juridique. Si la plupart des Etats reconnaissent en effet la faute de blanchiment, ils divergent en effet encore sur les faits précis qui peuvent entrer dans cette case, et affichent d’importantes différences quant aux peines applicables.
Concernant le premier point, le texte adopté hier aligne les définitions de façon à couvrir les mêmes actes. Selon le Parlement européen, cela permettra notamment de couvrir les délits «d’auto-blanchiment» - quand la personne coupable d’un crime essaie de cacher l’origine illicite du produit du crime.
«tarir le flux d’argent qui remplit les poches des criminels»
Au niveau des sanctions, le texte prévoit une peine d’emprisonnement maximale de quatre ans, avec la possibilité pour les juges d’ajouter des mesures supplémentaires (amendes, mais aussi interdiction d’accès à certains financements publics ou impossibilité d’occuper certains postes de la fonction publique).
Le texte acte également qu’une personne morale peut être coupable de blanchiment d’argent - et donc dissolue en conséquence.
Selon un rapport publié par la Commission en 2015, le produit des activités criminelles représenterait environ 1% du PIB de l’UE - soit environ 110 milliards d’euros par an. «Pour mener des activités terroristes ou d’autres activités criminelles, il est nécessaire de disposer de capitaux», a commenté la ministre bulgare de la Justice Tsetska Tsacheva. «Faire en sorte que les activités de blanchiment de capitaux soient punies contribuera à tarir le flux d’argent qui s’en va remplir les poches des criminels».
Précisons que cette nouvelle directive se rajoute à une série de textes présentés depuis 2016, et visant à encadrer au maximum le financement du terrorisme. Mentionnons notamment la dernière directive antiblanchiment qui permet de mieux contrôler l’usage des monnaies virtuelles, et la directive sur le terrorisme qui renforce le cadre juridique contre les attentats.
Plus d'articles du même thème
-
Intesa fait entrer la consolidation bancaire italienne dans une nouvelle ère
La plus grande banque italienne a lancé une offre pour racheter MPS-Mediobanca quelques heures après que Banco BPM a fait une proposition similaire. De quoi bouleverser les équilibres de l'ensemble de la finance transalpine. -
La conjoncture en Europe incite à la prudence sur le crédit
Les primes de crédit sont plus serrées qu’avant le conflit en Iran alors que la demande continue de soutenir la classe d’actifs. Mais certains stratégistes incitent à la prudence, notamment sur le Vieux Continent. -
Le Nord fait toujours mieux que le Sud en matière de délais de paiement
L'étude Payment Study 2026 fait un tour du monde des comportements de paiement à travers 37 pays. Le Danemark y fait toujours figure d'élève modèle. -
Coupe du monde: ces entreprises cotées à surveiller
La Coupe du monde de football débute jeudi, et les investisseurs seront à l'affût d'éventuelles bonnes surprises pour leurs portefeuilles d'entreprises américaines. -
SFR, 20 milliards d’euros et d'incertitudes
L'accord de Bouygues Telecom, Orange et Iliad pour racheter leur rival soulève des questions inédites avec un calendrier très étalé dans le temps, une valorisation élevée de la cible, des conséquences redoutées pour les consommateurs, sans oublier le flou sur le sort des 8.000 salariés de l'opérateur. -
Les entreprises françaises activent la relocalisation comme arme anti-crises
L’enquête QBE pointe que 83% des dirigeants considèrent l’instabilité économique et politique comme un état permanent.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Greystar boucle le plus grand fonds résidentiel européen value-add
- Arkéa AM recrute un gérant multigestion
Contenu de nos partenaires
-
Face à Israël et l'Iran, Donald Trump arbitre malgré lui
En un week-end, le président américain a dû exhorter à la fois l'Iran et Israël à cesser le feu, révélant toute la fragilité d'une trêve qu'il peine à imposer à des belligérants qui, eux, sont prêts à prolonger la guerre -
Les entreprises étrangères fuient Cuba alors que son économie s’effondre
Mastercard et Visa suspendent les transactions, les opérateurs hôteliers se retirent et une importante entreprise minière canadienne réfléchit à sa présence -
Tentation du remède miracleSupprimer l'âge légal de départ à la retraite ? Cette fausse bonne idée qui séduit les politiques
Face au rejet du recul à 64 ans, certains responsables politiques envisagent de supprimer l’âge légal pour miser sur la durée de cotisation. Une manœuvre qui pourrait aggraver les inégalités sociales au lieu de les résoudre