L’UBP reprend Nexar pour mieux lui confier ses fonds de hedge funds

La banque suisse rachète la société fondée par des anciens de SGAM AI, à qui elle laisse le soin de relancer ses activités de gestion alternative
Alexandre Garabedian

En difficulté depuis 2008, l’industrie des fonds de hedge funds n’en finit pas de se restructurer. Hier, l’Union de Banque Privée (UBP) a annoncé le rachat de Nexar Capital, la société de gestion fondée en avril 2009 par des anciens de SGAM AI et présente à Paris et à New York. Le groupe suisse a entamé ses discussions il y a plusieurs mois. La transaction, dont le montant est tenu secret, est censée aboutir fin avril après l’accord des autorités.

L’UBP va créer pour l’occasion en son sein une division hedge funds. C’est Arié Assayag, directeur général de Nexar, qui en prendra les rênes en étant rattaché directement au président de la banque suisse, Guy de Picciotto. Cette division gérera 14 milliards de dollars d’encours, dont les 3 milliards en fonds de fonds apportés par Nexar, soit 20% du total des actifs de la banque. Deux autres proches d’Arié Assayag, Eric Attias et Bernard Kalfon, devraient prendre des responsabilités dans la nouvelle structure.

Pour les dirigeants de Nexar Capital, qui s’appuyaient depuis la création de leur société sur le fonds de private equity Aquiline Capital, la transaction apparaît donc favorable. «Ils prennent la main sur l’activité», reconnaît un proche, alors que Richard Wohanka était arrivé fin 2009 de chez Fortis pour développer l’activité long only d’UBP. Il faut dire que la banque suisse a connu un gros passage à vide. Numéro un du secteur mi-2008 avec 58 milliards de francs d’encours alternatifs pour l’essentiel en fonds de fonds, elle a subi cette année-là la dislocation des marchés, avec notamment l’explosion en vol des stratégies quantitatives, puis a été éclaboussée par l’affaire Madoff. Un dossier réglé à l’amiable fin 2010 moyennant un chèque allant jusqu'à 500 millions de dollars, mais qui a aussi entraîné des décollectes dans la partie gestion privée d’UBP.

Le constat est valable pour l’ensemble de l’industrie. «L’accord UBP / Nexar est symptomatique de la grande difficulté des fonds de fonds à lever des actifs autrement que via des deals stratégiques. C’est une fois de plus un signe que la consolidation va faire rage et que peu d’acteurs survivront», estime un professionnel du secteur. Nexar s’est d’ailleurs construit par croissance externe, en reprenant d’abord l’activité fonds de hedge funds d’Allianz, AAAm, puis le britannique Ermitage.

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