L’ouverture totale du post-marché progresse avec peine en Europe
LCH.Clearnet a dû se résoudre à donner à la chambre de compensation suisse x-clear un accès à ses systèmes informatiques
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Alexandre Garabedian
Revirement chez LCH.Clearnet. La chambre de compensation londonienne a annoncé hier qu’elle acceptait d’ouvrir ses systèmes à son homologue suisse SIS x-clear. L’accord permettra à la chambre de compensation helvétique d’exercer ses activités pour les ordres exécutés sur le London Stock Exchange (LSE).
LCH.Clearnet avait tout d’abord refusé en février à SIS x-clear l’accès à ses systèmes. Une position difficilement compatible avec la volonté européenne de briser les monopoles nationaux sur le segment du post-marché. Pour éviter une action coercitive de Bruxelles, les acteurs de cette industrie ont adopté un code de conduite visant à «l’interopérabilité» : l’idée vise à faire communiquer entre eux les systèmes informatiques des différentes chambres de compensation en Europe pour permettre, par exemple, à une banque d’investissement traitant sur le LSE d’opter pour les services de compensation et de règlement-livraison de son choix.
Plus facile à dire qu’à faire. Partisan d’une organisation horizontale – il n’est présent que sur un maillon de la chaîne de traitement des ordres – LCH.Clearnet accuse ses concurrents opérant en silo, comme en Allemagne et en Italie, de lui barrer l’accès à leurs marchés. «Nous n’examinerons pas la moindre extension de nos relations de compensation tant que ne sera pas établi sans ambigüité un accès approprié sur tous les marchés où LCH.Clearnet en a fait la demande», indiquait hier la société.
La position de la chambre londonienne est d’autant plus délicate que l’un de ses grands clients vient d’opter lui aussi pour une structure en silo : le Liffe. La Bourse de dérivés, filiale de Nyse Euronext, a en effet décidé de réintégrer les activités de compensation centrale qu’assure pour son compte LCH.Clearnet. Ce dernier conserverait les services de garantie et la compensation des opérations continentales.
Une décision dont beaucoup estiment qu’elle vise à contrecarrer un projet de Bourse de dérivés concurrente, baptisée Rainbow et à laquelle travaillent plusieurs courtiers comme le français Newedge. Avec sa chambre de compensation maison, le Liffe pourrait empêcher ses utilisateurs de déboucler des positions avec des contrats listés sur d’autres plates-formes. La semaine dernière, selon des sources de marché, le conseil d’administration de LCH.Clearnet a dû consentir à ce choix stratégique majeur pour éviter de perdre l’intégralité du contrat Liffe.
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