L’ouverture internationale du fonds de pension sud-coréen passe par Pékin
Le National Pension Service, qui vise un quart d’actifs gérés à l’étranger d’ici trois ans, a obtenu le statut d’investisseur qualifié en Chine
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Benoît Menou
Le fonds de pension public sud-coréen National Pension Service (NPS), quatrième plus important fonds de pension au monde avec 346.000 milliards de wons (plus de 230 milliards d’euros) d’actifs et 3,2 millions de bénéficiaires, met les voiles à l’international. Le NPS souhaite consacrer selon son président Jun Kwang Woo un quart environ de son portefeuille à des actifs étrangers d’ici trois ans, contre 10% seulement en 2010 et 12,9% à fin novembre dernier. Et d’ici 2016, le fonds vise une hausse de plus de 60% de ses actifs, à 565.000 milliards.
Cette plus grande ouverture internationale passera par la Chine. Le fonds sud-coréen a en effet annoncé dimanche avoir obtenu de la part de Pékin le statut d’investisseur institutionnel étranger qualifié (QFII). Un sésame délivré à 120 entités environ et ouvrant droit à la négociation de titres libellés en yuans, actions A ou obligations. Certes cette étape seule ne saurait bouleverser les actifs du NPS, le fonds étant en attente d’un quota d’investissement autorisé. En l’occurrence de la part de la Safe (State Administration of Foreign Exchange), qui alloue traditionnellement des quotas voisins de 80 à 150 millions d’euros. Le fonds de pension devrait entamer ses investissements cette année, et table sur la signature de partenariats.
Mais l’initiative n’en apparaît pas moins stratégique. Comme le souligne le président du NPS, la Chine «devrait maintenir un taux de croissance élevé pendant longtemps encore». Le dirigeant a confié au Financial Times son souhait de parvenir à un «bon équilibre» entre marchés développés et émergents. Il reconnaît une certaine «prudence» jusqu’ici à l’international, avec des engagements notamment en dollars ou au Royaume-Uni avec l’acquisition du siège de HSBC à Canary Wharf ou d’une part de 12% au capital de l’aéroport de Gatwick. Le NPS entend avec la Chine notamment «réduire le risque de change et renforcer les rendements à long terme».
Pour les autorités chinoises, la réouverture du programme d’agrément d’investisseurs qualifiés à l’automne dernier après six mois de gel (sept sociétés ont été agréées sur le seul quatrième trimestre 2011) est un moyen de continuer à maîtriser les flux de capitaux tout en espérant soutenir un marché actions en berne.
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