L’optimisme sur l'économie américaine tire les taux longs à la hausse
Les derniers indicateurs macroéconomiques confortent les espoirs de reprise et de fin de la politique de taux bas de la Fed avant 2014
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Solenn Poullennec
L’amélioration des perspectives économiques américaines et le relatif optimisme de la Fed se font sentir sur les titres longs. Sur cinq jours, les taux des titres à 10 ans du Trésor américain ont pris 27 points de base, pour s’échanger à 2,284% hier. Aux dires des analystes de SG CIB, ce mouvement fait suite aux dernières publications rassurantes sur l'état de l'économie qui favorisent le rebond du marché actions au détriment des titres d’Etat américains.
«En ce moment, les marchés sont en train de réaliser, à juste titre selon nous, que la promesse de la Fed sur les Fed funds n’est plus valable», estime Rob Carnell, chef économiste chez ING. La banque centrale américaine vient pourtant de réaffirmer l’engagement pris en septembre 2011 de maintenir ses taux proches de zéro jusqu'à la fin de 2014. Mais les investisseurs donneraient raison au banquier central «faucon» Jeff Lacker, qui a voté contre ce statu quo car il ne croit pas «que les conditions économiques seront à même de garantir des taux des Fed funds à des niveaux exceptionnellement bas jusqu’à la fin de 2014».
Pour Rob Carnell, l’anticipation des marchés est notamment justifiée par les perspectives d’inflation. Même si la Fed juge que l’augmentation des prix de l’énergie pourrait soutenir l’indice des prix de manière seulement temporaire, l’économiste juge que la cible d’inflation de 2% ne sera pas atteinte avant 2013 au plus tôt. Enfin, il assure que «le taux de chômage même s’il n’a pas bougé le mois dernier [il est ressorti à 8,3% en février, ndlr] semble baisser beaucoup plus rapidement que ne le prévoit la Fed».
Dans ce contexte, «le marché semble réévaluer à la baisse la probabilité d’une troisième phase d’assouplissement quantitatif (QE3)», écrivent les analystes de SG CIB. Déjà, l’opération «Twist» qui consiste à échanger quelque 400 milliards de dollars de titres courts contre des longs pour faire baisser les taux de ces derniers doit se clore à la fin juin.
Selon le Wall Street Journal, la Fed réfléchirait à lancer des adjudications inversées. Mais selon l’économiste d’UniCredit, Harm Bandholz, il est peu probable qu’elles soient mises en œuvre dans le contexte de reprise. Il reste cependant prudent «même si la première hausse des taux pourrait intervenir un peu avant la fin de 2014, cela est peu probable avant le premier semestre», note-t-il.
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